Intellectualisation

Insouciant et léger, presqu'italien ...
le dix-huitième siècle...




 

L’Embarquement pour Cythère

est un tableau d' Antoine Watteau
1717, Musée du Louvre, Paris

C’est le morceau de réception de Watteau à l’Académie royale; il avait 33 ans et n’avait plus que quatre ans à vivre.
Peint tout en jus, frottis et glacis enlevés en transparence, à fleur de toile, c’est l’illustration de la rêverie poétique de l’amour dans la lumière dorée d’un parc où les «belles écout euses», que chantera Verlaine, se laissent aller aux confidences, aux serm ents et aux soupirs. Ce n’est pas seul ement le chef-d’oeuvre d’un peintre à la délicatesse exquise, sensible et réal iste à la fois, mais l’une des plus belles pages de l’art français.




 

L’Enseigne de Gersaint

d'Antoine Watteau
1720
Palais de Charlottenburg, Berlin.

C’était effectivement l’enseigne du marchand d’estampes François Gersaint, 35, pont Notre-Dame. Plusieurs fois raccourcie, séparée, rallongée, recadrée et même sabrée, en 1760, par des soudards autrichiens, elle reste le chef-d’oeuvre de Watteau -. le dernier puisqu’il mourut l’année suivante et l’un des tableaux les plus sensibles et les plus vrais: l’illusion mise au serv ice du réel par le truchement de la vie. Ici tout est harmonie rose et or.







 

Les chevaux du Soleil

Les Chevaux du Soleil, Le Lorrain
Vers 1731, Hôtel de Rohan, Paris.

C’est dans la basse cour du magnifique hôtel bâti pour le cardinal de Rohan, grand aumônier de France, que Le Lorrain sculpta, au-dessus de la porte des écuries, l’envolée endiablée des fougueux chevaux d’Apollon, chef-d’oeuvre de la sculpture décorative du XVIIIe siècle.




 

Commode médailler

Commode-médailler
de Gaudreaux
1739, Cabinet des médailles Bibliothèque nationale, Paris.

Exécutée par l’ébéniste Gaudreaux d’après les dessins des frères Slodtz et enrichie d’ornements de bronze simul ant des médailles, c’est un chef-d’oeuv re de l’art mobilier du XVIIIO. Les meubles que possède le Cabinet des médailles comptent parmi les plus beaux exécutés sous l’Ancien Régime.




 

Le déjeuner (François Boucher)

Le Déjeuner, François Boucher
1739 Musée du Louvre. Paris.

C’est, dans l’intérieur même de Boucher, rue Saint-Thomas-du-Louv re, une scène de la vie quotidienne au XVlll siècle. La femme du peintre. alors âgée de 26 ans, est représentée avec ses deux premiers enfants. Nous sommes loin du Boucher un peu équivoque, des nudités rondelettes et des amours qui plaisaient tant à la Société frivole de son temps: tout est ici délicatesse, subtilité, vérité.




 

Jeune fille au volant

Jeune Fille au Volant, J. B Chardin
1781 Collection Philippe de Rothschild, Paris.

Discret, pudique, le «bonhomme» Chardin ressemble à cette enfant sage qui, comme lui, est de la petite bourg eoisie parisienne dont elle incarne les tranquilles vertus. Cette toile appartint à Catherine II avant de revenir à Paris.




 

Faïence de Saint Roch

Groupe en faïence de Saint-Roch 1741, Musée de Moulins (Allier).
Ce curieux objet de piété populaire qui montre le saint, un personnage agenouillé, et son chien est en faïence polychrome de Moulins; haut de 67 cm, il est signé Chollet pour Etienn e Mogrin et daté de 1741. lI porte l’inscription: «Sancte Roche, ora pro nobis.»


Je n'ai pas retrouvé cette oeuvre après les restaurations dernières du remarquable pavillon "Anne de Beaujeu", un des premiers exemples de l'introduction de l'architecture Renaissance en France à la fin du (XVe siècle) qui abrite, depuis le début du XXe siècle, les riches collections du musée de Moulins.



La meute

La Meute, J. B. Oudry
1743, Musée des Offices, Florence.

Dans la magnifique forêt de Fontainebleau, veneurs et piqueurs rass emblent la meute tandis qu’éclate la fanfare des cors. Le mouvement, la couleur font de cette tapisserie des Gobelins de la suite célèbre des «Chasses de Louis XV» l’égal d’un tableau ce qui fut le but du peintre Oudry.




 

Grand métier de Vaucanson

Grand métier de Vaucanson
1745, Musée du Conservatoire des arts et métiers, Paris.

Ce métier automatique de Vaucanson pour tissus de soie façonnés comprend un cylindre à carton perforé qui commande la manoeuvre des aiguilles produisant le mouvement des fils de chaîne.




 

Or et nacre

Petite boîte en or, nacre et pierres
1745, Musée des arts décoratifs, Paris.

Cette ravissante boîte est un exemple caractéristique de l’art de la joaillerie.
Elle est décorée de scènes de danses, de musiciens ou de sujets galants. Poinçon de
Paris: 1745. Poinçon de maître: G.

Visite du musée des arts décoratifs.




 

Chenets Antoine Moreau


Chenets en forme de tritons,
Antoine Moreau
Vers 1745-1749
Musée du Louvre, Paris.

Don du grand collectionneur René Fribourg, cette paire de chenets en bronze doré figurant des tritons soufflant dans une conque marine, portés par une vague d’un admirable élan rocaille, est aussi rare que précieuse.
Elle fut peut-être exécutée pour le prince de Condé.



Hotel Chartraire de Montigny



Portail de l’hôtel Chartraire de Montigny
Vers 1746, Dijon (Côte-d’Or).

Ses vantaux aux formes ondulées, son imposte marquée d’une audacieuse coquille et de divers attributs sculptés avec autant de maîtrise que de fantaisie comptent parmi les plus originales réalisations du style rocaille le plus débridé.


La famille.
L'hôtel.


Premier hôtel bâti vers 1670. En 1740, le trésorier des Etats de Bourgogne, Marc-Antoine Chartraire de Montigny l' achète et le met au goût du jour (sculpteur Claude Saint-Père) . Son fils achète l' hôtel voisin en 1783 et le fait rebâtir par Charles Saint-Père (façade sur rue de 1787) . Hôtels séparés en 1792, puis réunis et transformés au 19e siècle pour y installer l' école privée Saint-François. Acquis par l' Etat en 1971, actuellement siège de la direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne.

Dijon




 

Perronneau

L’Enfant au Livre,
Perronneau
Vers 1746
Musée de l’Ermitage, Léningrad (redevenu Saint Petersbourg peut-être bientot Poutinstadt ?)


Une grâce émue imprègne ce visage et le geste délicat de la main peints à petites touches fluides. C’est l’un des plus beaux portraits de celui qui fut le rival provincial de La Tour.




 

Ermitage de Mme de Pompadour

Ermitage de Mm de Pompadour.
Ange Gabriel
1749
Fontainebleau (Seine-et-Marne).



C’est l’une des rares demeures construites pour la célèbre favorite qui soit encore intacte.
Cette "folie" n’a rien de somptueux mais la perfection de ses proportions, le goût qui
préside à la distribution des pièces, en font un admirable ensemble au luxe raffiné et discret. Le propriétaire actuel l’a meublé en respectant son style et son esprit.




 

Château de Marly



Portes de l’ancien Château de Marly

Château de Fleury-en-Bière
(Seine-et-Marne).

En 1550, Cosme Clausse, secrétaire des finances royales d'Henri II acquit les seigneuries de Fleury-en-Bière et de Courances. Il choisit de reconstruire l'ancien château et chargea le maître maçon Gilles le Breton de réaliser deux corps d'habitation en équerre. Cet édifice a été classé Monument Historique.


Les sculptures qui ornent ces portes de l’ancien château construit par Mansart, sont particulièrement fouillées et leurs motifs Régence sont d’une souplesse et d’un raffinement rares. Ils se situent à mi-chemin entre la rigidité du style Louis XIV et l’ass
ymétrie du Louis XV. Des compositions mythologiques peintes par Coypci décorent les trumeaux.


On me reproche d'écrire château au lieu de chateau comme il se fait de nos jours. Comment pourrais-je renier les tchestias de ma jeunesse ! Foin des nouvelles orthographes !




 

Armoire en laque rouge
de Chine,
Bernard van Risen Burgh

Collection Anténor Patine, Paris.
La laque rouge de Chine, les encadrements de bronze attribués à Gouthière,l’ebénisterie en bois de rose contribuent à faire de ce meuble exceptionnel l’un des chefs-d’oeuvre du style Louis XV. Il porte les initiales B.V. R. B. qui, longtemps mystérieuses, sont celles de l’ébéniste Bernard van Risen Burgh.



Escalier dit de Buffon

au Jardin des Plantes, Paris.
Exécuté à la fin du règne du XVes, ses marches aux dalles branlantes mènent à la serre dite jardin désertique, où l’on cultive dans leur milieu naturel reconstitué, des plantes xérophiles.
Cet escalier donnait sur une terrasse où Rousseau et Madame Rolland venaient deviser avant d’aller prendre le thé chez le professeur Thouin. Non loin de là avait été, peu auparavant, construite la première serre chaude destinée à abriter le caféier apporté du
jardin botanique de Leyde après le traité d’Utrecht.




 

«La Poule» et «Le Coq»

«La Poule» et «Le Coq»,
Jacques Caffieri
Milieu du XVIIIe s.
Musée des arts décoratifs, Paris.
Jacques Caffieri fut le ciseleur-fondeur le plus inventif du style rocaille.
Ces chenets, en bronze ciselé et doré, sont d’une élégance raffinée; le sculpteur amis tout le goût du fantasque de l’époque dans les deux personnages en pendant sur chacun des chenets, l’un mi-femme mi-poule, l’autre mi-homme mi-coq qui jouent une délicieuse comédie.



Jardins de la Fontaine

à Nîmes.
Milieu du XVIIIè s. (Gard).
La «Rome française» offre, au pied et sur les pentes du mont Cavalier que domine la Tour Magne, un magnifique décor d’architecture de jardins qui conserve au milieu des pins et des cèdres des vestiges romains. Une fontaine y avait déjà été consacrée au
dieu Nemausus; ses eaux s’écoulent dans la nymphée occupant le centre de l’esplanade.




 

Château de Rohan



Chambre du Dais

Milieu du XVIII’ s.
Saverne (Bas-Rhin).

C’est le cardinal Armand-Gaston de Rohan-Soubise qui fit construire par Robert de Cotte, de 1730 à 1742 ce superbe château dont on a pu dire que c’était Versailles à Strasbourg.
La magnificence de cette demeure, plus princière qu’ecclésiastique, s’affirme dans la Chambre royale du Dais où l’alcôve, comme à Versailles, est pourvue d’une balustrade et où tout exprime la perfection dans le «grand goût».

En 1871 le château fut transformé en caserne allemande, puis française en 1918. En 1952, l'édifice devient une institution municipale culturelle.




 

Bague de Madame de Pompadour

Milieu du XVIII’ s.
Cabinet des médailles
Bibliothèque nationale, Paris.
Ce beau bijou est constitué d’une sardoine représentant le profil du roi avec une couronne de laurier; elle est signée «Pompadour f.» (fecit). La pierre est montée sur un chaton d’or entouré de roses. La gravure est probablement l’oeuvre de la marquise; elle a dû être retouchée par J. Guay qui lui avait enseigné cet art.



Danmartin

Grille en fer forgé

Milieu du XVIII’ s.
Collégiale Notre- Dame Danmartin-en-Geole
(Seine-et-Marne).
Un certain Coquet réalisa ces magnifiques grilles de fer forgé, orgueil de l’artisanat local sous le règne de Louis XV.




 

Françoise Duparc

Jeune Femme à l’Ouvrage,

Milieu du XVIII’ s.
Musée de Marseille
(Bouches-du- Rhône).

La mystérieuse Françoise Duparc qui travailla à Paris puis à Londres n’a laissé que quatre toiles dont celle-ci est la plus célèbre. La plus touchante aussi par son réalisme discret et recueilli, image de la France provinciale de son temps.




 

Saucière en porcelaine

Saucière en porcelaine de Vincennes
Vers 1750, Musée du Louvre, Paris.
Cet objet rarissime, follement rocaille, est le frère jumeau de celui que possède le Musée des arts décoratifs.
La porcelaine de Vincennes qui préluda à celle de Sèvres, dont la manufacture fut construite à partir de 1753 eut un succès considérable à Paris sous le règne de Louis XV. Cette saucière appartint au comte Anne-Jules de Noailles, grand collectionneur de
céramique, qui récemment en fit don au Louvre.

Fasciné par les porcelaines importées de Chine, l’Occident tenta dès la fin du XV e siècle de percer les secrets de leur technique. Un siècle plus tard, Florence vit l’éphémère production dite « porcelaine des Médicis ». En l’absence de kaolin, argile blanche exploitée en Chine dès le VIIe siècle, les manufactures mirent au point diverses recettes de porcelaine dite « tendre ». La difficulté était d’obtenir une matière translucide après cuisson. À cet effet, on mélangeait à la marne argileuse blanche (argile mêlée de calcaire) une « fritte », mélange vitreux à base de silice. Tout le secret résidait dans la composition de la fritte.
Les recherches reprirent en France à la fin du XVIIe siècle au sein de manufactures de faïence, à Rouen d’abord puis à Saint-Cloud. Au siècle suivant, Vincennes puis Sèvres portaient cette technique à son plus haut degré de perfection artistique. Au siècle suivant, Vincennes portait cette technique à son plus haut degré de perfection artistique à partir de 1740 ; transférée à Sèvres en 1756, la manufacture, devint la première d’Europe.

En 1708, la découverte de kaolin en Saxe marquait les débuts de la porcelaine dure européenne dont la manufacture de Meissen tira sa gloire. Le premier gisement de kaolin fut découvert en France, près de Limoges, en 1768.




 

Salon des Singes

Salon des Singes de l’Hôtel de Rohan
Vers 1750-1755 Paris.

C’est au cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg, plus tard compromis dans la triste affaire du Collier que l’on doit la décoration intérieure de cet hôtel de style rocaille dont la pièce maîtresse est le fameux Salon des Singes. Les lambris furent peints par Huet d’arabesques polychromes où des singes pirouettent et grimacent. L’étonnant est que, dans ce salon, le cardinal célébrait la messe.





 

Manteau de chevalier

Manteau de chevalier de l’Ordre du Saint-Esprit
Entre 1750 et 1777,
Musée du Costume, Paris.
En velours noir et soie verte ce manteau d’apparat est décoré de paillettes et de broderies d’or, la doublure est en soie jaune d’or. De 1578, date de la fondation de l’Ordre par Henri III, à 1777 les Chevaliers du Saint-Esprit le portaient sur des vêtem
ents blancs accompagnés du collier de l’Ordre.