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Le Gothique |
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L'église romane était lourde et trapue,
le gothique est élancement, légèreté, élégance. Cet art de création française
apparaît en Île-de-France vers 1125 et prend son essor dans cette province avant
de se répandre, aux XIIIe et XIVe siècles, en France et dans toute l'Europe.
C'est au siècle de saint Louis, le XIIIe, âge d'or du Moyen Age, que se situe
son apogée; la cathédrale y apparaît comme l'expression monumentale du double
souci d'ordre et de clarté qui anime la royauté et l'Église. De la même
manière que le temple antique, elle représente, au cœur de la cité, cet
équilibre entre les forces matérielles et les puissances spirituelles autour
desquelles pourra se hiérarchiser la société. Chaque fois qu'en France une
cathédrale s'élève, elle rassemble et ordonne. Sens (1130-1170), Laon (1174-1233),
Paris (1160-1245), Chartres (1230), Bourges (1235), Reims (1242), Amiens
(1236-1288), autant d'étapes de l'affermissement du style gothique en même temps
que du rayonnement du pouvoir royal et de la foi. Ce style est caractérisé par deux
innovations: la croisée d'ogives qui, en supprimant la fonction portante des
murs, permet de les remplacer par les vastes cloisons de verre des vitraux.
L'arc-boutant qui, en neutralisant les poussées localisées des voûtes sur
croisées d'ogives, assure l'élégance des lignes substituées au poids des
volumes du roman. Grâce à ces structures simples, à travers les grands
vitraux colorés, la lumière inonde les longues nefs des cathédrales;
l'architecture qui se développe autour de ces vaisseaux solidement équilibrés
et se hiérarchise selon un système cohérent obéit à des lois rigoureuses, à
une unité interne. Comme elle la sculpture croît en complexité et en richesse
elle s'installe aux portails et inscrit sur la pierre en un monde grouillant
la Bible, l'Évangile, les symboles, les vies de saints, les travaux des mois
tous marqués d'un réalisme exact. |
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Église
Notre-Dame XII'-XIII' s.,
Auvers-sur-Oise |
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Joliment plantée à mi-côte, dans un paysage d'une
grande douceur qu'elle domine de la terrasse appartenant à l'ancien manoir
dont elle faisait partie, cette église, transformée à la Renaissance,
présente, malgré le mélange des styles, un beau clocher datant de sa
construction primitive et, dans le chœur, d'intéressants chapiteaux purement
romans. Van Gogh en a fait l’un de ses derniers chefs-d'œuvre, aujourd'hui au
Louvre. |
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L'onction
du corps du Christ et
les Marie au tombeau Psautier d'Ingeburge Vers
1200, Musée Condé, Chantilly (Oise). Ce magnifique volume fut peint pour J'infortunée Ingeburge, épouse de Philippe-Auguste, qu'il répudia aussitôt après ses noces puis remit en faveur quelques années plus tard. Son illustration traduit l'influence germanique et il est probable que le peintre, comme la reine elle-même, venait d'au-delà du Rhin. Ces radieuses images, aux coloris légers et frais, ont un accent de vérité et de simplicité incomparables. |
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Début du XIII' s., Musée de Cluny, Paris Ce panneau provient de J'abbaye
disparue de Gercy; il montre un diable saisissant par les mains le vicaire
Théophile pendant que le sorcier lève le document du reniement. C'est
l'illustration de la légende, fort populaire au Moyen Age, du pauvre
Théophile qui, ayant vendu son âme au diable pour remporter un succès
temporel se repentit et fut sauvé de l'Enfer par la Vierge. Les rapports
stylistiques avec les vitraux parisiens de la même époque sont frappants. |
Théophile
et le diable
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Reliquaire-phylactère de la dent de Saint Nicolas |
Image momentanément
indisponible |
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L'origine de
ce beau reliquaire d'argent et de cuivre est inconnue encore qu'on y ait
reconnu]'influence de certains ateliers d'orfèvrerie du nord de la France. Le
verso présente, autour d'une plaque d'argent figurant l' Agneau, tout un entrelacs
de feuillage stylisé d'une rare finesse et d'un goût exquis. Début du XIII' s. Église Saint-Nicolas, Arras (Pas-de-Calais). |
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Notre Dame de la belle Verrière |
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Après 1200, Cathédrale de Chartres (Eure-et-Loir) . Notre-Dame de la Belle Verrière, vitrail qui est une des 175 représentations
de la Vierge dans la Cathédrale, doit sa célébrité à ce bleu cobalt
exceptionnel qui a pourtant faillit disparaître lors du terrible incendie de
1154. Cet admirable vitrail qui représente la Vierge en majesté portant
l'Enfant sur ses genoux, fut l'un des plus vénérés de la cathédrale. Il fut
remonté dans une verrière du XllIe siècle, au sud du chœur. La noblesse de
l'attitude de la Vierge en fait un ensemble émouvant. Jamais un vitrail n'aura été tant admiré et ce depuis des siècles.
Jamais couleur n'aura été tant recherchée. Et, jamais l'expression de belle
blonde aux yeux bleus en parlant de la cathédrale, blonde par sa pierre et
bleues par Notre Dame de la Belle Verrière, n'aura eu tant de signification
pour ses si nombreux admirateurs. (Autres photographies de Chartres dans « Chartres ») |
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Vitrail
de l’enfant prodigue Ce très beau vitrail ordonne, autour du thème de l'Enfant
prodigue, différentes scènes d'un charmant réalisme et d'une coloration
magnifique qui l'apparentent aux plus belles réussites de l'imagerie
populaire. Ce sont, en partant du bas, la vie de perdition de l'Enfant
prodigue qui se débauche avec des courtisanes, puis joue aux dés et perd tout
ce qu'il possède. Au-dessus on le voit renié par ses anciens amis, s'enfuyant
nu et contraint, pour survivre, de garder les pourceaux d'un fermier. Puis
au-dessus, il revient chez son père qui l'accueille avec joie tandis qu'une
servante apporte des vêtements propres. Au registre supérieur c'est le
festin, le sacrifice du veau gras et l'arrivée du fils aîné. Tout en haut
enfin, les deux fils se réunissent dans les bras de leur père qui les bénit.
Cet admirable vitrail se lit comme un livre. |
En la cathédrale de Bourges
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Portail de la Vierge |
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Le portail de la Vierge La Rose de la Vierge et son auréole de pierre
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Portail de la Vierge Entre 1210 et 1220 Notre-Dame de Paris. La célébrité de la porte occidentale de
Notre-Dame est justement méritée car le Moyen Age n'a peut-être jamais
réalisé de sculptures d'une plus haute élévation spirituelle en même temps
que d'une plus grande beauté. La Vierge et son triomphe au Paradis en
constituent les thèmes; sa mort, sa résurrection et son couronnement étant
les moments essentiels. Le Christ, les rois et les prophètes, les apôtres et
les anges, qui donnent sa signification profonde au mystère de Marie animent
en même temps cette magnifique composition qui a la pureté et la noblesse,
l'émotion et la grandeur qui conviennent au sujet. L'équilibre des masses, la souplesse des
formes, la majesté des attitudes, la puissance et l'aisance presque
miraculeuse de l'ensemble font de cette œuvre d'un réalisme expressif des
plus frappants, la plus poétique et la plus dramatique consécration du culte
de la Vierge qui ait été figurée dans l'art. Autres images insolites de Paris Notre Dame : |
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Le Mont Saint Michel La «Merveille» 1211-1228, Mont-Saint-Michel (Manche). Si le monastère a mille ans d'existence,
les superbes bâtiments de la face nord qui le couronnent et auxquels on a donné
le nom de «Merveille», qu'ils méritent amplement. sont gothiques. |
Liens vers le site officiel consacré au Mont.
Quelques autres images ici |
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L’abbaye d’Ourscamp |
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Magnifique travail en fer forgé : la grille de l’autel Visite virtuelle : l’Abbaye |
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Le Jugement dernier |
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Vitrail en partie centrale de l’église des cordeliers à Châteauroux. Site de la ville. |
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Saint
Jean-Baptiste |
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Dans cette poignante image
du précurseur, la sculpture gothique atteint, par sa simplicité, une
intensité jamais dépassée. (Autres photographies de Chartres dans « Chartres ») |
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La Visitation (Portail central
de la cathédrale de Reims) Vers 1220-1230,
Portail central de la Cathédrale
de Reims (Marne).
Photographe : Mieusement,
Médéric © ministère de la culture |
Cet admirable duo de pierre est le point culminant
de la sculpture gothique. Il est possible que la Vierge et sainte Anne aient
été sculptées pour une première façade non réalisée et réemployées dans la
façade actuelle. Le style «antique» a été souvent discuté car il est vrai que
la plastique gallo-romaine a marqué ces figures aux drapés harmonieux où l'on
retrouve également la noblesse et la pureté de l'art grec, que le sculpteur a
pu admirer, Athènes étant devenue au début du XII le siècle la capitale d'un
État franc. |
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Miracles de la Vierge (Cathédrale du Mans) Neuf
panneaux figurés, augmentés de neuf panneaux ornementaux, composent un
ensemble monumental qui exprime, au milieu du XIIIe siècle, le plus parfait
équilibre entre l’architecture et le vitrail. La verrière du Mans fut offerte
à la cathédrale par la corporation des banquiers ou changeurs d’Allonges,
proche du Mans, qui s’y fit représenter. Les autres scènes illustrent
différents miracles dus à l’intervention de la Vierge.. . |
Miracles de la Vierge Vers 1240,
Cathédrale du Mans (Sarthe).
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La
sainte chapelle (Paris)
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La
Sainte-Chapelle a été édifiée dans la seconde moitié du XIIIe siècle par le
roi Louis IX, futur Saint-Louis, construite probablement par l’architecte
Pierre de Montereau pour abriter les reliques du Christ et principalement la
Couronne d’épines. La Sainte-Chapelle, dont la flèche s’élève à 75 m de
hauteur, semble un défi aux lois de l’équilibre. La pierre y laisse la place
à la lumière et au vide, et sa présence n’est là que pour ajouter encore à
cette impression de fragilité que tout le monument suscite. De légers
contreforts tiennent lieu d’arcs-boutants. Les vitraux, qui sont parmi les
plus anciens de Paris et les plus beaux de la production gothique, ajoutent
par la vivacité de leurs couleurs, une note de joie presque fantastique à cet
ensemble admirable pour abriter les reliques de la Passion du Christ. La chapelle basse était réservée au culte ordinaire, la
chapelle haute abritait les reliques. |
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La Nativité et l'Annonce aux
bergers Attribuées
à Jehan Soulas entre 1521 et 1535. (Autres photographies de Chartres dans
« Chartres ») |
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Châsse
de saint Taurin Église
Saint-Taurin, Evreux (Eure). |
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Musicien provenant
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Ecu d’or de saint LouisAu début du IIIème s. ap. JC, l'empereur
Constantin impose le monométallisme avec une pièce en or, le solidus (massif,
en latin), d'où nous viennent les mots sou mais aussi solde et soldat. Les
premiers solidus sont frappés à Trèves en Rhénanie en 310. Leur circulation
va perdurer en Europe pendant un demi-millénaire ! Après les
troubles du haut Moyen Âge, Charlemagne, faute d'approvisionnement suffisant
en or,
doit se résigner à mettre en circulation une nouvelle monnaie de référence,
le denier d'argent (de 1,36g à 1,80g d'argent). Le nouveau monométallisme entre si bien dans
les mœurs qu'on utilise aujourd'hui encore le nom du métal en question, l'argent, comme synonyme de monnaie
ou numéraire. Dans la grande période d'expansion économique
du Moyen Âge réapparait la pièce d'or. La première est
le florin de Florence en 1252. Saint Louis, pour faire bonne mesure, crée
le tournois d'argent et l'écu, d'une valeur de 10 sous tournois. La pièce
pèse 4 grammes, il y a encore huit exemplaires au monde, à ce jour. C'est seulement sous Louis XIII, en 1640, que
naît le louis d'or. |
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Ciboire d’Alpais |
Ciboire
d’Alpais
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Pilier des Anges Les quatre évangélistes debout sur des piédestaux et accompagnés de leurs attributs distinctifs sont surmontés par les anges du Jugement dernier qui sonnent de la trompette pour réveiller les morts. Les attitudes des évangélistes, l’intensité presque insoutenable de leur regard donnent à leurs statues une grandeur qui les apparente à certaines œuvres de Michel-Ange. |
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Moulages de la galerie Davioud. Au centre pilier des Anges de la cathédrale de Strasbourg (XIIIe s.) ; au fond baie du transept de la cathédrale Saint-Étienne de Bourges (fin XIIIe s.) ; sur le mur de gauche statues de la cathédrale de Reims. © Cité de l’architecture & du patrimoine / Carole Lenfant photographe, 2007. |
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Jugement dernier Vers 1270-1280 Cathédrale de Bourges (Cher). Cette belle œuvre, située sur le portail
central de la façade ouest, tend vers un certain académisme et n’a plus la
surprenante grandeur du Jugement dernier de Notre-Dame de Paris ni sa
puissance dramatique, Ici, une volonté esthétique, qui s’ajoute d’ailleurs à
une grande qualité d’expression, cherche plus le plaisir des yeux ou de
l’intelligence que l’émotion. Les morts qui sortent de leurs tombes, le
cortège des élus que saint Pierre conduit vers Abraham, l’affolement des
damnés que les démons poussent devant eux, sont de réels chefs-d’œuvre de
sculpture, mais la beauté des formes, la vivacité du récit ne suffisent pas à
animer l’ensemble qui reste un peu froid. |
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Autres
trésors gothiques : Gothique page 2
Trésor de
France, ... quand l’art vit près de nous, qu’il est fait par des
hommes qui éprouvent nos joies, nos soucis, nos angoisses, nos incertitudes,
nos rêves, il faut penser à l’amour qui lui a donné naissance avant d’avoir
toute autre pensée.
De
l’âge du bronze à l’art gallo-romain
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