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La République de Cuba, Republica de Cuba, est régie par la Constitution du 24 février 1976 amandée en juillet 1992. Cuba se définit comme un Etat socialiste des ouvriers et des paysans, au sein duquel les pouvoirs appartiennent au prolétariat. Le président est à la fois le chef d'état et le chef du gouvernement. Président et Vice-Président sont élus par l'Assemblée nationale. Le Conseil des Ministres est proposé par le président du Conseil d'Etat.

Le pouvoir législatif est exercé par l'Assemblée Nationale monocamérale du Pouvoir du Peuple, Asamblea Nacional del Poder Popular. 601 membres sont élus pour cinq ans au suffrage universel. A Cuba la majorité civique est atteinte à 16 ans. Il tient deux sessions annuelles et élit le Conseil d’Etat constitué d'un président, six vice-présidents et un secrétaire. Cuba est divisée en 14 provinces, auxquelles s'ajoute la municipalité de l'île de la Jeunesse : Camaguey, Ciego de Avila, Cienfuegos, Ciudad de La Habana, Granma, Guantanamo, Holguin, La Habana, Las Tunas, Matanzas, Pinar del Rio, Sancti Spiritus, Santiago de Cuba, Villa Clara et Isla de la Juventud. Les 14 provinces de Cuba se divisent en 169 municipalités, chacune possédant une assemblée qui nomme les comités exécutifs, dont les membres forment les cinq assemblées régionales de chaque province. Au-dessus se trouve l’assemblée provinciale, également dirigée par un comité exécutif. Le comité contrôle les fonctions administratives quotidiennes de son assemblée à tous les niveaux. L’administration de l’île de la Jeunesse est directement contrôlée par le gouvernement central. Le Parti communiste cubain est le seul parti reconnu et autorisé à Cuba. Il n'a officiellement pas le droit de se présenter aux élections ni de prendre parti dans le cadre de celles-ci. Le système des élections à Cuba est totalement différent de celui des démocraties occidentales. Il ne s'agit pas de réunir des votes pour des partis qui nomment leurs candidats, mais de voter directement pour des candidats sans l'intermédiaire d'aucun parti. Les candidats sont nommés dans une première phase dans leurs entreprises ou leurs quartiers. Dans une deuxième phase, ces candidatures sont acceptées ou non par un vote à la majorité.

Le système légal est basé sur les lois espagnoles et américaines, avec d'importants éléments de théorie légale communiste. Cuba refuse la juridiction de la Cour Internationale de Justice. Le pouvoir judiciaire est exercé, par la Cour suprême populaire, les cours de justice et les cours municipales. Le Président, le Vice-Président et les juges de la Cour Suprême du Peuple, Tribunal Supremo Popular, sont élus par l'Assemblée nationale. Des tribunaux révolutionnaires sont convoqués pour juger les crimes contre l’Etat. Amnesty International a recensé 22 prisons d’Etat et 54 camps de détention et de travail.

Depuis le 8 janvier 1959, Fidel Castro n’a cessé de détenir la réalité du pouvoir. Il est Chef de l’Etat, Président du Conseil d’Etat, renouvelé le 6 mars 2003 pour 5 ans, Président du Conseil des Ministres et Premier secrétaire du Parti communiste. Le pouvoir repose sur deux piliers : le Parti communiste Cubain, PCC, et les Forces Armées Révolutionnaires, FAR, contrôlées par Raúl Castro, frère de Fidel. Le régime est actuellement sur la défensive et exploite la pression américaine pour nourrir le nationalisme de la population et la psychose de l’intervention extérieure. A Cuba n’existe que la presse officielle. L’accès à Internet est très strictement limité. L’exercice des droits et libertés doit être conforme aux objectifs de la révolution et le régime préfère insister sur le respect des droits sociaux. Les journalistes peuvent être accusés de propagande ennemie, les dissidents sont qualifiés de mercenaires des Etats-Unis. Le pouvoir parvient à puiser un certain soutien de la part de la population en entretenant, non sans succès, le syndrome d’une révolution assiégée par l’ennemi extérieur. Selon les dissidents, les emplois permettant de vivre correctement, principalement le tourisme, sont réservés aux membres du parti de Fidel Castro. Les émigrés aux Etats-Unis exercent un lobbying très important sur la classe politique américaine. Le poids du vote de l’exil cubain en Floride reste un élément incontournable de la politique américaine à l’égard de l’île. Aux premières générations, partisanes d’un interventionnisme américain et soucieuses de reprendre possession des biens abandonnés sur l’île, ont succédé de nouveaux acteurs, plus modérés et désireux que le sort de Cuba soit décidé par les Cubains, y compris les dissidents restés sur place. La dissidence locale, très divisée sur l’attitude à l’égard du régime, recherche les moyens nécessaires à une transition non violente. Des programmes de transition ont été présentés par des opposants : le programme d’Oswaldo Paya, décembre 2003, ou Todos unidos de Vladimiro Roca présenté février 2004. Tout débat sur ce thème reste rigoureusement proscrit par les autorités. La dissidence a réussi en 2003 à recueillir plus de 10'000 signatures sur un projet de référendum sur les libertés. Ce projet Varela a été ignoré par le pouvoir en place, qui répond en proclamant dans la constitution le caractère intangible de la nature communiste du régime politique cubain. Elle est également parvenue à organiser, le 20 mai 2005, une réunion publique, convoquée par Marta Beatriz Roque, qui a rassemblé une partie des mouvements d’opposition. Des élus et journalistes, notamment européens, venus assister à cette réunion, ont été expulsés par les autorités. La visite du Pape, en janvier 1998, avait entraîné un relatif assouplissement du régime, libération d’une centaine de prisonniers politiques, tolérance de certains mouvements dissidents et fin de l’isolement international de Cuba. La répression est relancée au printemps 2003 par l'emprisonnement de 75 dissidents, à l’activité jusque là tolérée, et au rétablissement de la peine de mort. Elle avait connu un moratoire de fait de près de trois ans avant que les trois auteurs d’un détournement de bateau dans la baie de La Havane ne soient sommairement jugés puis exécutés le 11 avril 2003. Le poète Raul Rivero, actuel président de la Société interaméricaine de presse, SIP, a été arrêté lors de la vague de répression de mars 2003. Accusé de trahison de la patrie et de collaboration avec une puissance étrangère au cours d'un procès sommaire, il a été condamné à 20 ans de prison. Il sera libéré le 30 novembre 2004 à la suite de pressions douces de José Luis Rodríguez Zapatero, Premier ministre espagnol. Des libérations, souvent conditionnelles, de dissidents ont eu lieu depuis la fin avril 2004. Selon les organisations de défense des droits de l’homme, il y entre 300 et 400 prisonniers politiques à Cuba. Les conditions d’emprisonnement des prisonniers politiques sont très rudes et souvent aggravées par l’isolement, les restrictions du droit de visite, le maintien en détention de personnes en très mauvaise santé. La Croix Rouge internationale n’a pas accès aux détenus. De nombreuses associations de défense de Droits de l'Homme dénoncent la répression exercée par le régime de Castro. Le régime a aussi adopté une politique extrêmement sévère contre les homosexuels. A partir de 1961, un grand nombre d'homosexuels a été condamné à des peines de rééducation par le travail dans des centres de détention. Vers la fin des années 90, la volonté de stimuler le tourisme qui est une importante source de devises a amené le régime à quelques concessions. Il reste néanmoins impossible pour des couples homosexuels d'obtenir un logement et l'homosexualité est considérée comme incompatible avec des fonctions dirigeantes du Parti, de l'Etat et de l'armée. La situation au niveau de l'éducation et de la couverture médicale est remarquable pour cette zone géographique et ne permet pas de présenter Fidel Castro comme un despote indifférent au sort de son peuple.

A la fin de la guerre froide, Cuba est passé au réalisme. Priorité est donnée à l’intégration dans la Caraïbe et au rapprochement avec ses voisins latino-américains. Cuba cherche, actuellement, à faire obstacle aux condamnations de la communauté internationale, le CDH notamment. Le régime essaye de mettre en accusation les Etats-Unis sur la question iraquienne et les prisonniers de Guantanamo. Malgré un assouplissement du blocus économique sur les produits agricoles et les médicaments, qui leur a permis de devenir en 2003 le premier fournisseur de produits agroalimentaires de Cuba, les Etats-Unis refusent toute normalisation de leurs relations avec ce pays. L’administration du Président Bush privilégie une politique de durcissement de l’embargo, visant à favoriser la chute du régime. Cuba cherche à atténuer la pression de l’Europe en la divisant. La Position commune de l’UE, décembre 1996, soumet l’approfondissement du dialogue et de la coopération à des progrès concernant les droits de l’homme et les principes démocratiques. L’UE a condamné la répression du printemps 2003 en décidant, le 5 juin 2003, de restreindre ses contacts politiques avec les autorités cubaines et d’inviter les dissidents aux fêtes nationales. En réaction, Cuba a annulé les programmes de coopération avec les Etats de l’UE et appliqué un gel protocolaire à leurs Ambassades. Le Comité Amérique latine, COLAT, réuni à Bruxelles le 14 décembre 2004 a proposé une série de mesures destinées à conduire le régime cubain à de premiers gestes de détente. Cuba a réagi à cette annonce en rétablissant ses relations avec l’ensemble des représentations de l’UE. Le 31 janvier 2005, le Conseil Affaires Générales Relations Extérieures de l’UE a suspendu les mesures de juin 2003. Parallèlement, les Ministres ont décidé de développer un dialogue plus intense et plus régulier avec l’opposition politique et des secteurs plus larges de la société civile. L’UE crée les conditions de l’établissement d’un dialogue critique avec les autorités cubaines. Les décisions adoptées par le CAG le 31 janvier ont été renouvelées le 13 juin 2005. L’UE s’est réjoui de la réunion du 20 mai 2005, mais a souligné le caractère inacceptable de l’expulsion d’élus et journalistes européens venus assister à cette réunion. Les relations UE-Cuba sont également marquées par le vote de la résolution présentée annuellement sur Cuba devant la Commission des droits de l’homme des Nations Unies. En 2005, les 25 Etats membres ont décidé, de co-parrainer cette résolution. On constate depuis lors un nouveau refroidissement des relations. Cuba continue de jouer un rôle de premier plan dans les coalitions internationales de pays en développement, comme le Mouvement des pays non-alignés. Cuba envoie des médecins et de l'aide humanitaire en Afrique et dans d'autres pays d'Amérique latine. Par ailleurs, Cuba est membre fondateur de l'Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, GATT, et de l'Organisation mondiale du commerce, OMC. Le pays n'est pas membre du Fonds monétaire international, ni d'aucune institution financière internationale. Membre de l'Organisation des Etats américains, OEA, elle ne peut voter ou prendre part à ses activités depuis 1962.


fidel 1959


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