Angola


La situation
politique et la
situation sanitaire restent très instables en Angola depuis 1975. La
République
d'Angola, República de Angola, est indépendante du Portugal depuis le
11
novembre 1975.
L'Angola est une plaine côtière
étroite, sur l'Atlantique, qui s'élève
brusquement vers un vaste plateau intérieur. Le pays s'étage entre la
côte Atlantique à 0 m et le Morro de Moco qui culmine à 2'620 m.
L'Angola s'étend sur 1'246'700 Km², y compris l'enclave de Cabinda,
c’est le septième pays d'Afrique par sa superficie. Semi-aride au Sud
et le long de la côte dans la région de Luanda, il est constitué de 2%
de terres cultivées, 23% de terres inexploitées et 56% de forêts.
Les villes principales sont Luanda, la capitale (08°51' S, 13°14' E),
Huambo, Lubango, Namibe.
L'Angola est frontalière de la République Démocratique du Congo, 2'511
Km dont 225 km de frontière pour la province de Cabinda, la Namibie,
1'376 Km, la Zambie, 1'110 Km, et la République du Congo, 201 Km, soit
5'198 Km de frontières terrestres et 1'600 Km de côtes
.
Difficile de s'épanouir dans un pays qui connaît une activité militaire
intense depuis le début des années 60. ( voir le reportage d'Henri)
Les Angolais survivent dans la violence. La vie en Angola est un
parcours, plus ou moins chaotique, nécessitant une grande adaptabilité
dans un climat de sécurité aléatoire. Ecole, médicaments, nourriture et
eau manquent.
Les enlèvements, abus des militaires et des rebelles, propres
angoisses, mines, arbitraire rendent la vie très difficile dans un pays
potentiellement richissime.
En 1994, par exemple, 400'000 personnes furent victimes de mutilations
(notamment par les mines antipersonnel), 2,1 millions de personnes ont
été directement touchées par le conflit et 1,3 millions d’autres
déplacées.
La population angolaise dépasserait les 11 millions, soit 8,6 habitants
au Km². Plus de 25% des angolais vivraient à Luanda (3'000'000).
La langue officielle est le portugais. En 1975 c'était la langue des
Blancs et d'une minorité de Noirs comme seconde langue.
En 1993, on estimait que le portugais n'était la langue maternelle que
de 57'600 angolais.
L'ombundu (4 millions de locuteurs), kimbundu (3 millions). kikongo
(1,1 millions), quioco (500'000) et ganguela (172'000), 5 langues
bantoues parmi une quarantaine, sont les langues maternelles de 90% des
Angolais.
La situation change, et il y a en Angola des millions de mauvais
locuteurs du portugais dans les grands centres urbains.
Les gens de toutes origines ethniques échappés de la guerre s'y
croisent.
Ils doivent parler portugais et transforment aussi leurs enfants en
lusitanophones.
La guerre civile a fait davantage que l’école par l'immense
brassage des populations dans les centres urbains.
Le portugais angolais est très différent du portugais du Portugal et du
Brésil. Beaucoup de prononciations vocaliques qui sont ouvertes au
Portugal et très ouvertes au Brésil, sont tout simplement fermées à
Luanda. Le portugais est devenu une langue incontournable pour les
communications interethniques.
On estime aussi que beaucoup d’Angolais scolarisés et ceux qui ont
résidé au Congo-Kinshasa, au Congo-Brazzaville ou en Namibie savent
également le français ou (et) l’anglais en tant que langue seconde. En
fait, beaucoup de citadins angolais sont à la fois lusophones,
francophones et anglophones.
Les peuples de langue bantoue commencèrent à émigrer par vagues
successives depuis le golfe de Guinée et atteignirent la région dans
les premiers siècles de l'ère chrétienne.
1482 : Diogo Cão atteint le cap du Loup à l'embouchure du Zaïre, le royaume Kongo établi de part et d'autre du fleuve.
Nzinga Nkuwu, le Mani-Kongo (roi), réside à Mbanza, au nord de l'Angola.
1491 : conversion au catholicisme du Mani-Kongo. La capitale est rebaptisée São Salvador.
1494 : Alexandre VI Borgia contraint les Espagnols et les Portugais à
signer le traité de Tordesillas. qui partage le monde en deux :
espagnol d'un côté, portugais de l'autre.
1507 : mort de Nzinga Nkuwu, les Portugais passent à la manière forte pour contrôler le pays.
1668 : le Mani-Kongo Antonio se révolte est vaincu et tué. Le royaume du Kongo disparaît.
L’Angola est le premier pays africain à connaître le colonialisme européen.
lire : dimension africaine de la traite des êtres humains
1836 : le commerce d'esclaves depuis l'Angola est interdit mais se
poursuivit.
1878 : l'esclavage est officiellement aboli.
Du XVIe siècle au
XIXe siècle, quelque 16 millions d’Africains auraient été déportés à bord de
bateaux portugais. Seulement quatre millions d’entre eux auraient survécu au
voyage et seraient devenus des esclaves au Brésil et au Mexique. La traite des
Noirs a vidé une portion considérable de Bantous angolais. Le commerce des
esclaves en Angola explique le faible peuplement de ce pays.
1885 : 14
février, le Portugal abandonna ses prétentions sur la bande du Congo de Léopold
II qui reliait Cabinda à l'Angola (on se demande bien pourquoi).
1933 :
fondation de l’Estado Novo (Nouvel État) par Antonio de Oliveira Salazar au
Portugal, le régime colonial se durcit considérablement.
La dictature
portugaise encourage l'établissement de colons en Angola. Ceux-ci n’arrivèrent
en masse que vers les années cinquante. Nombre de colons étaient des forçats
(degradados), au passé judiciaire et politique chargé, désignés volontaires en
Angola pour accroître la présence portugaise.
Le Portugal instaure le régime
de l'indigénat aux Noirs, 98% de la population. Ils sont privés d’instruction et
de tout droits humains. Seuls les assimilados, métis et quelques Noirs
assimilés, ont accès à l’instruction, en portugais. Les autres autochtones, les
indígenas, sont soumis aux travaux forcés, à l’interdiction de circuler la nuit,
aux réquisitions, aux impôts sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures
tout aussi répressives telles que les châtiments corporels.
1938 : 23 avril,
les accords de Genève interdisent toute forme de travaux forcés.
1943 : si
nous voulons civiliser les indigènes, nous devons leur inculquer comme un
précepte moral élémentaire l'idée qu'ils n'ont pas le droit de vivre sans
travailler dixit Viera Machado.
Le Portugal a ainsi élaboré
en Angola une doctrine coloniale fondée sur l’assimilation et l’intégration.
Dans les faits, les colons ( les civilisados), citoyens
portugais bénéficient de privilèges au détriment des autochtones, victimes de
discriminations. Au sein de ces derniers, on distingue:
- une
minorité (Noirs ou métis) qui profite du statut d’assimilés
(assimilados), conférant tous les droits attachés à la citoyenneté
portugaise.
- Les
non-assimilés restent soumis au statut de l'indigena (95% de la
population de l'Angola). Ils réclament bientôt une évolution sociale et
politique de leur pays.
Malgré les
promesses, Guinée-Bissau, Mozambique et Angola végètent dans le marasme
économique.
Le sous-équipement sanitaire et scolaire, l'immobilisme
autoritaire du régime contribuent un peu plus à marginaliser les populations
colonisées.
Pourtant,
une apathie trompeuse semble régner dans les colonies portugaises au cours des
années 1950. Les colons en armes, l'armée, la police politique (PIDE) assurent
le maintien de l'ordre, guère perturbé par une population qui semble résignée.
1951 : l'Angola devient une province
d'outre-mer.
1954 : le système colonial portugais, odieux, est
allégé.
1956 : début de la rébellion nationaliste.D'autre part, le Portugal,
membre de l'OTAN, insiste sur son rôle de rempart contre le communisme en
Afrique australe.
Face aux
inégalités flagrantes, la fiction d'une nation multiraciale vole bien vite en
éclat. Les arrestations sous prétexte de subversion se multiplient à
partir de 1959-1960, ce qui pousse de nombreux nationalistes à l'exil.
Avant l'indépendance, la
communauté portugaise comptait environ 700'000 Blancs. La plupart de ceux-ci
sont maintenant retournés au Portugal (environ 500'000 retornados) ou ont
immigré en Afrique du Sud.
Une révolte
éclate à Luanda le 4 février 1961 (l’attaque de la prison
de Luanda par le MPLA),
bientôt relayée par une insurrection paysanne massive. Les mouvements
nationalistes lancent des actions de guérilla. Ces révoltes, mal préparées, sont
suivies de représailles particulièrement sanglantes et déclenchent l'exode de
populations très nombreuses vers la République du
Congo.Une révolte éclate à Luanda le 4
février 1961 (l’attaque de la prison de Luanda par le
MPLA), bientôt relayée
par une insurrection paysanne massive. Les mouvements nationalistes lancent des
actions de guérilla. Ces révoltes, mal préparées, sont suivies de représailles
particulièrement sanglantes et déclenchent l'exode de populations très
nombreuses vers la République du Congo.
Les Bakongos et les Kimbundus détruisent
près de 700 plantations de café, et tuent plusieurs centaines de colons
portugais. L'armée portugaise réagit par des représailles massives, massacre des
milliers d'insurgés et contraint à l'exil près de 400'000 Bakongos.
23 ans
après les accords de Genève, les lois coloniales portugaises sont abolies.
Le
Portugal va à contre-courant de l’histoire, en exportant massivement des colons
vers ses colonies.
1963 : fondation du Front de libération de l’enclave de
Cabinda (FLEC).
La guérilla armée gagne la Guinée-Bissau en
1963 et le Mozambique en 1964. La force militaire portugaise, épaulée par la
redoutable police secrète (PIDE) arrête, emprisonne et traque les révoltés, sans
pour autant en venir à bout. De nombreux nationalistes poursuivent la lutte en
exil depuis les pays voisins.
Le
Portugal consacre la moitié de son budget à la préservation de son empire et
porte à 4 ans le service militaire ! On compte alors 200 000 soldats
outre-mer. Les techniques de contre-guérilla se révèlent assez efficaces sur le
terrain. En Angola, le MPLA et le FLNA sont contenus, mais dans le Sud, l'armée
affronte un nouvel adversaire, l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance
totale de l'Angola créée par Jonas
Savimbi en 1966). En revanche, en Guinée-Bissau, le PAIGC parvient à
contrôler de vastes régions à partir de 1968.1970 :
mort du dictateur Salazar, les guerres coloniales se
poursuivirent.

Amilcar cabral, le charismatique leader du PAIGC et
chef incontesté de guerre de libération en Guinée-Bissau.
A partir du début des années
1970, le Portugal se trouve dans l'impasse, de plus en plus isolé. En 1970, le
conseil de sécurité de l'ONU obtient la condamnation solennelle du pays.
L'Organisation de l'Unité Africaine (OUA) sert également de forum aux
nationalistes.
Ces conflits de décolonisation
s'internationalisent bientôt, puisque les mouvements nationalistes africains
recherchent des appuis extérieurs, principalement dans le bloc de
l'Est. La Chine et
l'URSS fournissent des conseillers militaires et des armes. La rivalité
sino-soviétique est telle qu'elles soutiennent des factions opposées (en Angola,
la Chine épaule l'UNITA et le FLNA tandis que l'URSS soutient le MPLA) qui se
combattent sur le terrain. Ses divisions expliquent en partie la difficulté des
mouvements nationalistes à s'imposer.
Inflexibles, les autorités portugaises
accélèrent la politique de peuplement des colonies, surtout en Angola (avec un
maximum de 550 000 Blancs dans les colonies portugaises en 1973).Elles tentent
en parallèle d'attirer les investisseurs étrangers afin d'assurer le
développement économique de la colonie pour mieux convaincre la communauté
internationale de la validité de son action outre-mer.
En fait, c'est en métropole
que le sort des colonies se jouent. Les très lourdes dépenses budgétaires
consacrées à la guerre et la conscription obligatoire suscitent un vif
mécontentement populaire au Portugal qui entraîne la chute la chute de la dictature en 1974
(Révolution des oeillets). C'est ce soulèvement qui permet le processus
d'émancipation dans les colonies aboutissant aux indépendances.
1974 : avril, révolution des Oeillets au Portugal. Lassés d'une
guerre coloniale sans issue, les militaires renversent le régime. Les mouvements
des forces armées angolaises décident de mettre un terme à leur guerre
anti-coloniale. Le
PAIGC dirige la Guinée-Bissau
indépendante en septembre 1974 et obtient l'année suivante le rattachement du
Cap Vert.

Luis Cabral
(frère d'Amilcar), nouveau président de la Guinée-Bissau et vice-président du
PAIGC s'entretient avec des soldats de l'armée de Libération, en juin 1974
(photo: AFP).
Aller lire le reportage :
Le reportage de Henri Moracier de l'Univers
illustré
Voir d'autres images d'Angola
1975 : 15 janvier, accords
d’Alvor entre le Portugal et les trois mouvements de libération de l’Angola : le
Mouvement Populaire pour la Libération d'Angola (MPLA), l'Union Nationale pour
l'Indépendance Totale de l'Angola (UNITA), et le Front national de libération de
l’Angola (FLNA).
Timbre de la poste angolaise en 1975

Mars-juillet,
combats entre les trois mouvements de libération sur fond ethnique dans un
contexte d’affrontement entre bloc occidental et bloc communiste.
Défilé
organisé par le MPLA dans un stade de Luanda, en
1975.
11 novembre, Agostinho Neto, chef du
MPLA, métis et citadins, proclame l'indépendance et sa présidence de la
République populaire d’Angola. Il est soutenu par Cuba et URSS.
FLNA et
UNITA, surtout des Ovimbundus (40 % de la population en 75), proclament la
République populaire et démocratique d’Angola, soutenus par les Etats-Unis et
l’Afrique du Sud).
Depuis la guerre civile est la norme en Angola.
1976 :
fin janvier, retrait des forces sud-africaines.
8 février, le MPLA prend
Huambo, la capitale des deux alliés, UNITA et FLNA.
Mi-février, le FNLA
abandonne la lutte armée. L’UNITA se replie au sud-est, toujours soutenue par
les Etats-Unis et l’Afrique du Sud.
1er décembre, admission de l’Angola à
l’ONU.
La République Populaire d'Angola est reconnue par l'OUA (Organisation
de l'unité africaine).
1977 : 8 janvier, émission de la nouvelle monnaie, le
Kwanza.
27 mai, tentative de coup d’Etat d’une fraction du MPLA menée par
Nito Alves.
Juillet, nette intensification de la guérilla dans le
Sud.
Décembre, réélection de Agostinho Neto à la présidence du MPLA.
1978
: avril, violents combats entre l’armée angolaise appuyée par des soldats
cubains et l’UNITA.
4 mai, bombardement sud-africain de Cassinga.
24-25
juin, réconciliation du Portugal et de l’Angola.
19 août, réconciliation de
l’Angola et du Zaïre.
9 décembre, suppression des postes de Premier ministre
et de vice-Premier ministre.
1979 : 11 septembre, mort d’Agostinho
Neto.
20 septembre, José Eduardo dos Santos est désigné par le MPLA pour
succéder à Agostinho Neto.
1980 : de juin à octobre, attaques sud-africaines
en Angola.
17 décembre, José Eduardo dos Santos est reconduit dans ses
fonctions par le MPLA.
1981-1982 : attaques sud-africaines dans le Sud de
l’Angola.
1982 : 8 décembre, négociations entre l’Angola et l’Afrique du Sud
au Cap-Vert pour tenter de mettre un terme à la guerre civile en Angola et à la
guerre de libération en Namibie menée par la SWAPO.
1983 : décembre, raids
aériens sud-africains.
1984 : 16 février, accords à Lusaka entre l’Angola et
l’Afrique du Sud. Cette dernière s’engage à se retirer du Sud de l’Angola,
l’Angola à réprimer les infiltrations de la SWAPO.
L’UNITA poursuit sa
guérilla contre le régime de Luanda.
1985 : juillet, août, septembre,
plusieurs raids sud-africains dans le Sud de l’Angola.
1987 : octobre, échec
de l’offensive lancée par le gouvernement de Luanda contre l’UNITA.
1988 : 20
février, bombardements sud-africains.
26 mars, l’UNITA annonce la formation
d’un gouvernement provisoire.
8 août, accord à Genève entre l’Angola, Cuba
(engagé militairement aux côtés de l’Angola) et l’Afrique du Sud qui prévoit un
cessez-le-feu et le retrait des troupes sud-africaines.
22 décembre, accord à
New York entre les trois parties qui prévoit le retrait des troupes
cubaines.
1989 : 22 juin, accord de cessez-le-feu à Gbadolite entre le
gouvernement de Luanda et l’UNITA.
Juillet, rupture du cessez-le-feu.
1990
: janvier, Cuba suspend son retrait militaire.
21 mars, indépendance de la
Namibie.
24-25 avril : reprise des négociations à Evora au Portugal.
1991
: 31 mai, accords de paix signés à Estoril près de Lisbonne. (Après
l’effondrement du bloc communiste et le renoncement de l’Afrique du Sud à
l’apartheid, l’Angola ne représentait plus le même intérêt stratégique, ce qui
força l’UNITA à la négociation)
20 juillet, M. Fernando José de Franca Dias
Van Dunem est nommé Premier ministre.
1992 : 29-30 sept, élections
présidentielles et législatives. José Eduardo dos Santos est élu président
(49,57 %) face à Jonas Savimbi (40 %). Le MPLA obtient 129 sièges, l’UNITA 70
sièges. Jonas Savimbi conteste les résultats.
Octobre-novembre,
multiplication des affrontements l’UNITA et les forces gouvernementales.
27
novembre, M. Marcolino Moco est nommé Premier ministre.
1993 : 6 mars, prise
par l’UNITA d'Huambo, deuxième ville du pays.
Juillet-septembre, violents
combats, l’UNITA contrôle 85% du territoire.
26 septembre, embargo pétrolier
et militaire de l’ONU contre l’UNITA.
6 octobre, l’UNITA accepte les
résultats des élections du 29 septembre 1992.
Reprise des négociations entre
l’UNITA et le gouvernement.
1994 : 20 novembre, accords de Lusaka.
Intégration des anciens insurgés UNITA au sein du gouvernement et des forces
armées.
1995 : 8 février, 7 000 casques bleus sont envoyés en mission de
maintient de la paix par l’ONU.
5 mars, reprise des combats.
6 mai,
rencontre à Lusaka du président dos Santos et de Jonas Savimbi.
3 juillet,
mise en circulation de la nouvelle monnaie, le Kwanza Reajustado.
18 juillet,
révision constitutionnelle créant deux postes de vice-président de la République
dont l’un sera réservé à Jonas Savimbi.
Novembre, début des opérations de
casernement des troupes de l’UNITA.
Décembre, reprise des affrontements entre
les forces régulières et les troupes de l’UNITA dans les localités du Nord
contrôlées par celle-ci.
1996 : 4 mars, dévaluation de la monnaie angolaise
de 80%.
10 mars, accord de principe entre l’UNITA et l’armée régulière sur
l’intégration des hommes de l’ex-rébellion au sein de la future armée
nationale.
3 mai, Fernando Van-Dunem, président de l’Assemblée Nationale, est
nommé Premier ministre.
13 novembre, suppression du poste de vice-président
de la République.
Décembre, retraits des premiers contingents de casques
bleus.
1997 : mars, juin, août, affrontements entre l’armée gouvernementale
et les indépendantistes du Front de libération de l’enclave de Cabinda
(FLEC).
31 mars, accord entre les autorités et l’UNITA pour la formation d’un
gouvernement d’unité nationale.
8 avril, les députés de l’UNITA, élus en
septembre 1992, prennent officiellement leurs fonctions.
10 avril, nomination
des 84 membres, dont 11 de l’UNITA, du nouveau Gouvernement d’unité et de
réconciliation nationale (GURN).
17 mai, chute de Mobutu, l'UNITA perd sa
principale base arrière.
30 juin, l'ONU crée la Mission d'observation des
Nations Unies en Angola qui doit succéder à la mission de maintien de la
paix.
21 juillet, dévaluation de 30% de la monnaie nationale, le Kwanza
Réajusté.
28 octobre, Sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies
contre l'UNITA pour non-respect des accords de paix.
1998 : 28 janvier,
prolongement de trois mois du mandat de la MONUA.
11 mars, le gouvernement
légalise l'UNITA, qui devient un parti politique.
29 avril, prolongement de
deux mois du mandat de la MONUA.
6 juillet, violents affrontements entre
l'armée et l'UNITA dans la province de Lunda-Norte.
Août, des troupes
angolaises prêtent main forte au Président Laurent-Désiré Kabila, de la
République démocratique du Congo. (Afin de couper de leur soutien ses
adversaires de l’UNITA et les indépendantistes de l’enclave de
Cabinda)
décembre, après le Nord et l'Est, les violentes hostilités internes
gagnent le Centre du pays. Des centaines de milliers de personnes sont sans
abri.
1999 : 29 janvier, suppression du poste de Premier ministre. Dos Santos
assume les fonctions de chef de l'Etat, chef du gouvernement et chef des
armées.
26 février, fin de la mission du maintien de la paix de l'ONU.
15
octobre, création du Bureau des Nations Unies en Angola (BUNUA) pour 6
mois.
2000 : 4 août, les forces angolaises repoussent une attaque de
l'UNITA.
2002 : 4 avril, un accord de cessez le feu a mis fin à la guerre
civile... Officiellement, mais ?
1,5 millions de vies, plus de 160 par jour,
auraient été perdues lors de combats au cours du dernier quart du siècle passé.
La mort de Jonas SAVIMBI et le cessez-le-feu, un de plus, avec l'UNITA pourrait
être bon signe pour le pays. La lutte acharnée entre les
mouvements de libération, l’interventionnisme de pays étrangers, ont paralysé
les processus de l'Angola depuis fin 1975.
L’Angola commence pourtant à
émerger comme puissance régionale. Le gouvernement angolais est en situation
d’exiger de son allié du Congo-Brazzaville qu'il interdise à la guérilla
indépendantiste du Cabinda d’utiliser le pays comme base arrière. Elle pourra
ainsi maîtriser une opposition, pas uniquement intérieure, au pouvoir économique
très important.
En Afrique les axes géopolitiques glissent vers le Sud et
l’Est. Le phénomène est sensible depuis plusieurs années. Il s’effectue au
profit des Etats aux richesses minières importantes. L'Afrique du Sud, le
Congo-Zaïre, la Namibie, l'Angola, la Zambie regorgent de ses ressources. Le
monde culturel swahili, vers l’océan Indien, prend aussi de l'importance. Ceci
au détriment des pays pétroliers, Gabon, Congo-Brazzaville, Cameroun, Nigeria,
et de l’Afrique de l’Ouest. Cette nouvelle Afrique est incarnée par une nouvelle
génération de dirigeants, souvent légitimés par la lutte armée de libération
contre l'occupation étrangère ou contre des régimes honnis. Pragmatiques, plus
managers que prophètes, ils combinent souvent économie libérale et parti unique.
Ils s'écartent clairement des modèles étrangers, des ingérences, et tiennent
tête l’ONU.
Les richesses minères de l'Angola, la difficile genèse de
l'indépendance, sans parler du pétrole, en font un candidat très sérieux à une
future importance prépondérante sur le continent africain. Nous avons là, quand
la réconciliation nationale sera réalisée, un potentiel leader du bloc
Sud.
L'Angola est une république, théoriquement une démocratie multipartite,
au très fort pouvoir présidentiel. L'organe exécutif est conduit par le
Président, le président est à la fois le chef d'état et chef du gouvernement. Le
conseil des Ministres est nommé par le président élu au scrutin universel. Les
dernières élections datent déjà de 13 ans et les prochaines sont agendées pour
septembre 2006.
L'Assemblée Nationale monocamérale de 220 sièges constitue le
législatif. Les membres sont élus à la proportionnelle pour des mandats de 4
ans. Les dernières élections datent de 1992 mais notons au passage que certains
députés sont rentés en fonction 5 ans après leurre élection. Les partis
politiques ne se contentent pas de l'Assemblée pour promouvoir leurs opinions,
l'opposition n'hésite pas à déplacer la lutte sur le terrain... Armes à la main.
Le pays est divisé en 18 provinces administratives. La dernière révision de sa
constitution date de fin août 1992.
Le Système légal est basé sur le système
de loi civile Portugaise et de droit coutumier. Il a été, récemment, modifié
pour s'adapter au pluralisme politique et à l'utilisation croissante des marchés
libres. L'organe judiciaire unique est la Cour Suprême ou Tribunal da Relacao.
Les juges sont désignés par le président.
L'Angola est
d'abord un sinistre inventaire, en forme de comparaison. D'un côté, des millions
de déplacés, de l'autre, des compagnies étrangères forant chaque jour de
nouveaux puits et faisant jaillir des eaux territoriales toujours plus de
pétrole. L'enclave, en territoire congolais, Cabinda assure 65% de la production
de pétrole de l’Angola avec 460'000 barils/jour. L'Angola est aussi le sixième
extracteur de diamants mondial.
Le pays ne cultive que 2,5% de sa superficie.
Les richesses naturelles sont constituées de : pétrole, diamants, minerai de
fer, phosphates, cuivre, feldspath, or, bauxite, uranium.
85% des
travailleurs sont occupés dans l'agriculture (bananes, sucre de canne, café,
sisal, maïs, coton, manioc, tabac, légumes, plantain, élevage, produits de la
forêt, pêche) 15% dans l'industrie et les services (pétrole, diamants, minerai
de fer, phosphates, feldspath, bauxite, uranium, or, ciment, petite métallurgie,
industrie de la pêche, agroalimentaire, brasseries, produits du tabac, sucre,
textiles). L'Angola exporte 90% de sa production pétrolière.
En 2003 on estimait le nombre de raccordements
téléphoniques à 96'300, 130'000 cellulaires, 41'000 internautes pour 17
fournisseurs d'accès (.ao). En 2000, 21 radios AM, 6 FM, 7 ultra courte, 6
chaînes TV. 51'429 Km de routes (10% sont goudronnées), 243 aéroports (4 pistes
goudronnées de plus de 3'000 m), 1'300 Km de voies navigables et 2'761 Km de
voies ferrées. L'Angola compte 10 ports marchands importants : Ambriz, Cabinda,
Lobito, Luanda, Malongo, Mocamedes, Namibe, Porto Amboim, Soyo.
Le chômage et
les emplois précaires affectent plus de la moitié de la population. Actuellement
70% des angolais vivent en dessous du seuil de pauvreté.
La situation
politique est trouble. Les structures touristiques sont pratiquement
inexistantes.
Les déplacements en Angola restent problématiques. Le
banditisme et la délinquance sont importants tant dans la capitale qu'en
province. En outre, la présence de très nombreuses mines, l'Angola est le pays
le plus miné au monde, doit inciter à la plus grande prudence lors des
déplacements en province. Si à Luanda et sa région proche les déplacements de
jour s'effectuent, en général, sans problème majeur, les mouvements dès la
tombée de la nuit sont fortement déconseillés. La concentration de nombreux
bidonvilles présente de réels risques pour les étrangers. Pour la province, il
est préférable de se déplacer par avion et d'être accueilli sur place par des
interlocuteurs qui connaissent les problèmes de sécurité liés au banditisme, à
la délinquance et aux mines. Dans la province du Cabinda, les risques
d'enlèvement d'étrangers sont importants. L'accès au territoire angolais doit
s'effectuer par voie aérienne. Tout autre moyen de transport est fortement
déconseillé, notamment par voie maritime.
Le réseau ferroviaire et le réseau routier sont peu
développés. Toutes les routes sont dangereuses. Circulation dense et état
d'ébriété fréquent des conducteurs en fin de journée. L'état des véhicules et le
non-respect du code de la route causent de nombreux accidents.
Une
fièvre hémorragique est un risque sanitaire grave, particulièrement dans le Nord
du pays. Le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire pour aller en Angola.
Sont conseillés : tétanos, poliomyélite, diphtérie, choléra, fièvre typhoïde,
hépatite A, hépatite B, rage. Consommer de préférence des aliments cuits et des
boissons en bouteilles capsulées. Prévoir de la lotion anti moustiques. Le
paludisme est endémique, souche très résistante à la chloroquine. Le pays est
classé en zone 3, la méfloquine est conseillé.
Les réserves d'animaux
(Cameia, Quiçama, Milando, Luando), les paysages (les chutes de Braganca, la
Serra da Chela), les plages, sont magnifiques et vous aurez l'assurance d'être
aux antipodes du tourisme de masse.
Attention : importation et exportation de
monnaie locale interdites, monnaies étrangères à déclarer. Les cartes de crédit
et chèques de voyage restent confidentielles. Il existe beaucoup de restrictions
sur la photographie en Angola, demandez l'autorisation avant de prendre des
photos.
Toute l'année, emportez des vêtements très légers, amples et
d'entretien facile, en coton ou en lin de préférence. Une veste ou un pull léger
pour les soirées dans l'intérieur et une protection contre la pluie en saison.
Revenons à plus de réserve et de réalisme ...
« Les statistiques c’est comme le bikini : ce qu’elles dévoilent est fort
intéressant, ce qu’elles cachent l’est encore
davantage ».
Tout est toujours apocalypse ! En prenant une donnée actuelle et en la transposant sur cinquante ans on peut
facilement montrer que tout s’éteint, s’épuise ou crève d’ici un demi siècle.
Toute courbe à progression géométrique finit par défoncer le
plafond.
C’est
vrai qu’il y a encore des milliers de gens qui peuvent souffrir de la faim et
même en mourir. Mais …
La
situation selon l’ONU en 2001 : il y a plus de nourriture que jamais et, on meurt de
moins en moins de faim. En 1900 on mourait en moyenne à trente ans, en 2001
à 67.
Toujours
selon l’ONU, la pauvreté a diminué davantage entre 1950 et 2000 que
dans les cinq cents ans qui ont précédé. Et ce dans presque tous les
pays.
Les
victimes de la faim, durant les années quatre-vingt, se retrouvent presque
toutes dans les pays africains tentés par des aventures marxistes : Éthiopie,
Madagascar, Angola, Mozambique….Selon l’ONU, dans les pays en voie de développement, la consommation moyenne qui
était de 1930 calories en 1961 passa à 2650 calories par habitant en 1998.
Les
mauvaises solutions politiques, les guerres intestines ou tribales, la
corruption sont les principales causes de la faim. Les sécheresses ou
désastres naturels sont habituellement allégés par la solidarité
internationale, ce qui était plus difficile dans les siècles
précédents.
Les producteurs de bien des pays ne savent plus comment écouler leur surplus :
blé, viande, etc. que l’on doit subventionner et « domper », dans les pays voisins au risque de détruire les
agricultures locales.
En
raison de l’efficacité économique, selon la World Bank les prix de la nourriture sont
maintenant 90% moins chers qu’en l’an 1800 où le pauvre travaillait… pour une
bouchée de pain… alors qu’aujourd’hui tu peux te procurer cinq à six pains
complets pour une heure de travail au salaire minimum… du moins dans nos
pays.
Aller lire le reportage :
Le reportage de Henri Moracier de l'Univers
illustré
Aller voir d'autres images d'Angola

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la section Cités du monde, pays insolites, réflexions socio-racistes.
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