New York

 

En marge, dessin de Hergé kidnappé par Moulinsart SA ©®™ et photo de l’arrivée du bateau depuis Nantucket, février 1960.

 
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Le vieux port ...

 

J’habite à New-York, maintenant. C’est une ville étrange où les gens courent comme s’ils avaient le feu au derrière, ce qu’ils n’ont pas souvent, sauf dans certains quartiers.

Je suis devenue professeur de langue française, au collège international de la cent quarante-troisième rue. Il m’arrive des tas d’aventures, je vous en raconterai quelques unes, d’autres, restent enfouies au fond de ma mémoire, pour aller les rechercher les jours d’ennui, les jours de pluie, les jours de pleurs.

Je ne sais pas toujours où aller, les trottoirs de mon quartier me font un peu peur, peuplés de touristes penchés sur leur plan de métro, de loubards à l’allure et au langage agressifs, comme s’ils étaient dévorés par une colère noire, une peur bleue, une envie de destruction rouge. Des filles de treize ans, au visage sans expression, avec de faux papiers et des boucles dans le nez, espèrent faire la rencontre de producteurs de télévision en goguette. Mais pour le moment, je suis attachée.

(extrait de Cdécritures 201 – Érotiques et sataniques, avril 1987)

 

Comme je n’ai rien à faire, je me pose une question existentielle qui aurait pu trouver sa place dans la rubrique gourmandise : Connaissez-vous les cupcakes ?

Ce gâteau est un des piliers de la cuisine américaine, il est, osons le dire bien plus que la madeleine proustienne. Le cupcake « the best in town » est une sorte de muffin ou gâteau éponge mais plat au centre duquel on creuse parfois un trou et que l'on surmonte d'une garniture composée soit d'icing (sucre glacé)et de crème plus ou moins riche en beurre selon les recettes. Au départ de ce concept simpliste, les américains ont inventé des milliers de pâtisseries qui jouent sur l'harmonie ou le contraste entre le cake et la garniture, avec des textures de crème qui vont du beurre solidifié à la mousse plus ou moins légère et harmonieusement montée. On trouve donc des cupcake lemon lime, des chamallows fondus et légèrement caramélisés, des supercream des machins au gingembre et d’autres encore...

 

Prof de français à New-York ce n’est pas drôle mais en plus devoir gagner sa croûte en faisant des suppléments comme accessoiriste et figurante dans des films pour la télévision locale alors là, c’est le bouquet !

Chantal, belle Chantal se murmure Adrien, scénariste à la retraite depuis que la vidéo amateur remplace les planches, la vérité des studios et les longues et belles histoires de Charles Perrault. Que j’aime tes beaux cheveux, Chantal, se dit-il en allongeant ses jambes trapues, il aurait payé bien cher pour en avoir de belles longues comme un coureur de fond, il n’avait jamais aimé ses jambes.

Maintenant qu’il était à la retraite, qu’allait-il donc bien faire de ses journées, oui, il y avait Amélie qui lui passait de petits caprices, pour pas cher, et puis Chantal à la longue chevelure soyeuse, douce, toute douce au toucher, douceur, beauté, finesse de cette toison où dès le premier instant, lorsqu’elle s’est présentée comme figurante sur le tournage du remake d’autant en emporte le vent, il avait voulu promener ses doigts, étager poils et crins, glisser la main sur toute sa toison, mêler la soie et la laine, sous-tendre, allonger, tirer et rouler, mélanger et défriser, aménager, jouer au perruquier.

D’accord, la retraite n’allait pas changer grand chose de sa vie, il avait passé plus de temps à attendre les scènes et à jouer aux mots fléchés sur son tabouret d’assistant qu’à guider les acteurs. Tout de même, il faisait passer le temps mais ce temps-là n’était pas à lui, pas gratuit, tandis que maintenant, il avait du temps libre, rien que du temps libre à passer, à faire passer. Le temps, c’est important, d’habitude on en manque, ainsi récemment encore lorsqu’il avait fallu trouver les accessoires adéquats pour le tournage du remake de L’ange bleu, il avait mis presque six mois à tout réunir.

C’est vrai que la présence de Chantal ne l’avait aidé, pas vraiment, tant il était fasciné par ses cheveux blonds, il se rappelait l’aventure dans la cabine d’essayage pour la tenue de la scène quatre, lorsqu’elle a retiré sa blouse pour passer un pull, tout ce blé s’écoulant sur des seins tendres, deux mamelles chéries et soignées aux pointes acérées qui leur donnent comme un regard. Aurais-je aimé toucher se demanda-t-il ? Et la nouvelle, cette Sylvette, qui donne des cours de diction française, comment jouera-t-elle les scènes spéciales ?

Il s’étira un peu plus dans son fauteuil roulant et commença à trouver que la jeune personne qui le précédait au guichet était franchement une emmerdeuse, ce qui devait être aussi le sentiment de l’employé de la mairie. Lui, Adrien était venu pour renouveler son permis de travail, Adrien, est Polonais comme tout bon New-Yorkais de soixante ans, il pensait que la Fox allait répondre à son offre et le convoquer à Hollywood, alors, hop, au diable la retraite et vive la vie !

C’était une petite personne ronde et potelée qui épelait pour la sixième fois son nom : Béroune, B E R O U N E, e avec accent, non, le premier, Béroune, Bé, vous comprenez répéta-t-elle à travers l’hygiaphone.

Derrière, on s’impatientait dans une fille longue comme un jour sans pain, un Jamaïcain enjôleur tournait autour d’une petite du Bronx; de jeunes Noirs de l’Assistance sociale, en bermuda évasé juste au-dessous du genou discutait de chaussures et de sweet-shirts avec force gestes, d’autres personnes de couleur indéfinissable sortaient des boîtes de bière de sacs en papier kraft, je ne comprenais pas grand chose à ce qu’ils disaient, chaque région a son style. Dans le Queens, par exemple, on parle le signifiant, un argot fait de mots-rimes

On prenait son temps, on allait pouvoir lire un avant-propos, cela reposerait de cette cité où nulle part ne règne une atmosphère paisible et sereine.

(extrait de Cdécritures 201 – Érotiques et sataniques, avril 1987)

 

 

Port de New York


Près du quartier de Wall Street, le quartier du South Street Seaport est devenu à la fois une référence historique et un centre touristique. Pendant deux siècles, les quais représentaient le port de New York, où accostaient les grands voiliers. Les bateaux à vapeur, puis les transatlantiques étant allés se mettre à quai à l'ouest de Manhattan. L'influence de Wall Street aidant, il tombe dans l'oubli. Les promoteurs ont réussi à faire de ces quais un musée vivant du passé.

port de ny

Quelques diapositives insolites : NY

Voir New York et du tourisme

Et encore :

http://xianhenri.be/Tresor/cites/cotest.html

http://xianhenri.be/Tresor/cites/farwest.html

http://xianhenri.be/Tresor/cites/Newyork.htm

http://xianhenri.be/Tresor/cites/usa/ny1.html

http://xianhenri.be/Tresor/cites/usa/ny.htm

 

(autres endroits insolites)

(Visages de France)

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