J’ai prolongé ma tasse de thé et fermé les
yeux, comment suis-je passé de Bouillon à Gibraltar, seuls les djinns peuvent
le dire, eux qui ensorcelèrent le rocher de Jabal Tariq devenu territoire de l’empire britannique depuis
1704.
Surprise, je n’étais pas dans ce fourbi
touristique de fin de monde blanchâtre mais dans l’étonnant coin que l’Espagne
revendique depuis 1967, sans succès, il faut le dire et créant mille emmerdes à
sa gracieuse et vieillotte majesté. Faut le savoir, les successeurs de Franco
déclarent violation de leur espace aérien pour chaque appareil atterrissant sur
la piste de Gibraltar même.
2007 1907 Je n’étais pas là ...

(Les images ci-dessus nous
montrent le même point de vue depuis la plage d’Algésiras)
Gibraltar forme la dernière colonie
d'Europe en tant que territoire autonome d'outre-mer du Royaume-Uni. La colonie
est communément appelée la Californie de l'Europe du fait de sa situation
géographique et du revenu élevé dont jouissent ses habitants. L'économie est en
grande partie basée sur l'activité portuaire, Gibraltar bénéficiant d'une zone
franche. Par l'article 10 du traité
d'Utrecht (1713), l'Espagne a concédé, à perpétuité, à la
Grande-Bretagne, la propriété de Gibraltar, mais sans aucune juridiction territoriale.
Environ 1800 soldats britanniques étaient
généralement stationnés sur la base navale de Gibraltar, mais leur nombre a été
ramené depuis 1998 à environ 400, ce qu'on appelle en termes plus diplomatiques
du « personnel militaire ».
A Gibraltar, on parle le Yanito, on s’appelle entres Yanis
et en 2000, la population d’environ
30000 habitants était d’origine gibraltarienne mais
aussi britannique, marocaine, espagnole, portugaise, italienne ou indo-pakistanaise.
J’étais revenu, j’étais allé ...Le thé
était-il earl grésé ... ?
Gibraltar 1950 ...
Les relations avec l'Espagne sont très
amicales et les policiers anglais et les gardes de Franco entretiennent les
meilleures relations. Chacun, y compris les résidents temporaires, doit être en
possession d'un passeport spécial de la police espagnole lui permettant de
circuler librement en Espagne dans un rayon de vingt milles. Les Espagnols sont
restés fidèles aux vieilles traditions d'amitié et leur vœu est de voir leur
pays admis parmi les alliés occidentaux.
En plus des humains, Gibraltar compte
encore une autre population : les singes qui s'établirent dans la péninsule il
y a de très nombreuses années.
Il y a un vieux dicton qui dit que si
jamais les singes quittent Gibraltar, les Anglais seront obligés à faire de
même.
Ainsi, pour des raisons sentimentales et
traditionnelles, les singes sont soigneusement protégés par l'armée. Leur
gardien en titre est le Royal Artillery N.C.O. et
l'officier responsable est ce bon vieux major Skelton qui met trois morceaux de
sucre dans son thé. Il a une allocation de quatre pennies par jour et par
singe. L'année dernière le Colonial Office a dû inscrire à son budget une somme
de 146 livres pour l'achat de nourriture pour les singes. Ceux-ci mourraient rapidement
s'ils ne recevaient pas de nourriture de l'armée, car ils n'auraient pas grand chose à se mettre sous la dent, spécialement pendant
les mois d'hiver.
Il y a présentement trente singes dans le
bastion. Le major les connaît tous par leur nom, ainsi que leur caractère. Les
habitudes des bêtes sont observées et afin d'éviter les combats, la plupart des
mâles sont expédiés au zoo de Londres lorsqU'ils atteignent l'âge de trois ans.
Les femelles restent à Gibraltar et de temps à autre, on amène de nouvelles
bêtes de la côte africaine. Deux fois par an, le major Skelton envoie un rapport
au Colonial Office mentionnant les naissances et les décès parmi ses
pensionnaires dont le 'plus jeune porte le nom de Winston. Dans la crainte
d'offusquer l'ex-Premier l'Armée lui envoya une lettre officielle pour lui
demander s'il ne voyait pas d'inconvénient à ce que le singe portât son nom.
Churchill répondit qu'il était flatté et n’y voyait aucune objection.
Pendant leurs heures de loisirs, les soldats
se retrouvent 'sur le terrain de cricket où l'Armée est opposée à la Marine ou
à la R.AF

Le dimanche, soldats, marins ou aviateurs
accompagnés de leur famille, vont se reposer sur la plage de Catalan Bay, tandis qu'au large les paquebots traversent le détroit
et se dirigent vers les ports de la Méditerranée.
C'est là que le tout-Gibraltar
se retrouve pour se reposer dans un cadre typiquement méditerranéen pouvant
rivaliser avec la Riviera. Si Catalan Bay est un
village de pêcheurs espagnols, les cabines de la plage semblent être venues en
droite ligne de Brighton.
Bien que la vie semble libre et facile à
Gibraltar, le rationnement y est toujours en vigueur car tout doit être
pratiquement importé. L'essence est contingentée, mais les allocations
permettent néanmoins des excursions en Espagne. Le pain, le beurre, la
margarine, l'huile de table, le lait en poudre - il
n'yen a pas d'autre -, le sucre, les pommes de terre et tant d'a utres produits sont soumis au rationnement. Même l’eau, en
1948, il a fallu en faire venir d’Angleterre.
La saison touristique de Gibraltar est
surtout prospère pendant les mois d'hiver, lorsque les visiteurs, surtout en
provenance de Grande Bretagne, s'arrêtent pour passer quelques jours dans ce
célèbre bastion. Mais pendant toute l'année des bateaux de ligne font escale
permettant à leurs passagers de parcourir rapidement la ville et ses magasins.
Un flot constant de Français passe par Gibraltar en route pour l'Afrique ou
venant de là. Ces gens empruntent le ferry-boat de Tanger qui pour quatre
livres gibraltariennes transporte les autos au
travers du détroit. Aucun étranger ne peut normalement passer la nuit sur le
rocher.

1950
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