







Il vient de chanter à l'Olympia où il battu tous les records de la Saison à Paris,
une des plus brillantes de ces dix dernières années. Il est maintenant "l'un des
plus grands". Pour les lectrices de "Marie-
Je suis né le 8 avril 1929. J'aurais dû normalement naître au Congo où mes parents
ont vécu vingt-
Mes parents sont allés s'installer dans un appartement, boulevard Belgica. C'est
à cette époque que l'on m'a mis pour la première fois à l'école. Le jour de la rentrée,
j'ai tellement hurlé, j'ai tellement pleuré, j'ai tellement tapé du pied, que ma
mère m'a ramené à la maison. Je crois que j'ai reçu ce jour-
En 1940, je rentrai en 6e. J'avais un professeur qui était un Français de Toulouse,
il s'appelait Bertrand. Nous l'avions surnommé "N'a qu'un-
Mon père commençait à vieillir. Il me donna ma chance et me fit entrer à l'usine. Il voulait faire de moi un industriel, capable de lui succéder. Tout en travaillant, j'avais décidé de faire partie d'un mouvement de jeunesse. Nous allions tous ensemble le dimanche chanter dans les sanas, pour les malades. J'étais toujours en tête.
C'est dans ce mouvement de jeunesse que j'ai rencontré pour la première fois ma femme.
Le soir du réveillon 1950, j'étais décidé, je demandais à Thérèse de m'épouser, j'avais
alors vingt-
Nous nous somme mariés tout de suite. J'ai continué à apprendre à fabriquer et vendre
du carton. Ce n'était pas très compliqué, mais à la longue ce n'était pas non plus
très passionant. Cette épreuve a duré cinq ans. Je me sentais vieillir très vite,
chaque soir je confiais à Thérèse ma lassitude. Un jour je lui ai posé la question
:-
J'ai également enregistré pour Philips, à Bruxelles, deux chansons. Mais ce n'était rien. Je savais que pour réussir, pour réussir vraiment, une seule ville comptait : Paris. J'ai pris un billet de 3e classe. Je n'avais pas les moyens. Dans le compartiment, j'ai avalé le sandwich que Thérèse m'avait préparé avant le départ. Je ne retrouverai jamais plus le goût de ce sandwich. Il était parfumé à l'aventure, à l'espoir, au bonheur.
Je suis allé directement voir M. Canetti, le directeur de la maison d'édition. Je ne savais pas du tout qui était M. Canetti. Je suis entré dans son bureau, il a eu l'air étonné. Je lui ai chanté mes chansons et je suis retourné à Bruxelles.
J'ai attendu patiemment. Puis, un jour, j'ai reçu une lettre à en-
Je suis revenu m'installer à Paris, laissant Thérèse et mes deux filles. J'avais le cafard, mais il le fallait. J'ai fait mes tous premiers débuts aux "Trois baudets". La première soirée s'est très mal passée. Le public n'a pas réagi, c'était affreux. Les gens bâillaient ou discutaient entre eux sans me regarder ni m'écouter. Ils avaient sans doute raison, mais à l'époque je leur en ai beaucoup voulu. Puis ce fut le premier contrat, le premier cachet, le premier argent gagné avec ma voix et ma guitare.
J'ai fait venir ma femme et mes deux filles. Nous avons trouvé un petit appartement modeste, sans confort, mais nous y étions heureux tous les quatre. C'est alors qu'est née ma troisième fille. J'étais comblé.
En 1957, je suis passé à l'Alhambra avec Zizi Jeanmaire. J'avais le trac, un trac
fou, je voulais partir sans chanter. Puis ce fut le succès, le vrai succès, grâce
à "Quand on n'a que l'amour". Le public cette fois-
Thérèse et les trois enfants sont repartis pour Bruxelles et c'est là le plus beau
cadeau que j'aie pu faire à mon pays, à ma véritable patrie : la Belgique. Souvent
je vais les voir, chaque fois que je le peux, et, tout ému, je retrouve Bruxelles,
les amis, le vélo. Réussir pour moi, c'est tout cela. Que serais-


