





La conquête de territoires outre-mer par les pays européens commence au XVIème siècle, mais la constitution de véritables empires coloniaux ne date que du XIXème. En 1914, les pays européens maîtrisent 60% des terres mondiales et 65 % de la population. Deux grands Empires coloniaux dominent; ceux de la Grande-Bretagne et de la France. Ils se trouvent encore renforcés après la Grande Guerre pusiqu'ils récupèrent des mandats territoriaux (les possessions allemandes en Afrique: Togo, Cameroun, Sud-Ouest africain...). Les autres colonies sont de moindre ampleur: Belgique avec l'immense Congo, l'Italie en Libye et en Somalie, le Portugal dans le sud de l'Afrique.
Dès l'entre-deux-guerre, la contestation monte dans les colonies, notamment en Asie (parti du Congrès de Gandhi, Vietminh de Hô Chi Minh en 1930) et en Afrique du Nord (l'étoile nord-africaine devenue le parti du peuple algérien en 1937 ou encore le Néo-Destour en Tunisie en 1938). Elle se fonde sur la misère et les humiliations dont sont victimes les populations indigènes.
A l'intérieur des empires, la frustration des élites indigènes, marginalisées par une bureaucratie coloniale pléthorique, ainsi que la paupérisation des masses, notamment paysannes, attisent la contestation grandissante au cours des années 1930.
Le contexte international joue également également un grand rôle, notamment le message libérateur du président américain Wilson ("droit des peuples à disposer d'eux-même") et surtout l'activisme communiste déployé par le Komintern, levier d'une contestation radicale du colonialisme occidental, notamment en Asie (Chine, Indochine).
Les puissances coloniales (en particulier la France) répriment sans états d'âme ces contestation (ainsi la révolte de Yen Bay en 1930 remplit les bagnes de Poulo-Condor au Vietnam). En Afrique noire, la remise en cause du fait colonial reste plutôt rare.



Oh ... Juste comme cela, pour le dire en passant, ...
Passant souviens-toi, ce sont des monstres !
La liberté, quotidien 1964
Ils sont en route pour vous sauver ...
Vers les années 1960, plusieurs, experts (évidemment), étaient convaincus que les nations coloniales subiraient un fort ralentissement économique à la suite de la démarche indépendante de leurs ex-possessions, vu que l’exploitation de ces dernières était considérée comme la source principale de leur richesse et que les colonies, enfin débarrassées des oppresseurs et des exploiteurs qui étouffaient le dynamisme local, connaîtraient enfin l’aisance et pourraient rejoindre les nations avancées et même, selon certains bravissimes optimistes, les dépasser.
La plupart de ces Cassandre sont à peu morts et ne sont plus là pour constater l’amertume actuelle des ex-colonies et faire amende honorable de leurs propos démagogico-imbécilles.
(20/05/05 SRC) Ironie de l’histoire. Al-Djaïzira (télévision du royaume hachémite saoudien) fait un sondage auprès de sa clientèle arabe. 87% estiment qu’ils étaient mieux gouvernés par les anciens colonisateurs que par leurs dirigeants actuels.
Les relations, avec l’Afrique, blanche ou noire ont toujours été tendues ...
Faut-il au XXIème siècle se demander ce que les hommes blancs font encore en Afrique, faut-il se demander pourquoi « ils » s’obstinent à vouloir faire vivre des nègres comme des blancs ? Et si enfin on laissait l’Afrique devenir ce qu’elle souhaite ?
CABINDA
Dans les années ‘80, dans le maquis du Front de Libération de l’Enclave du Cabinda (FLEC). Le FLEC était un soi-disant mouvement de libération créé de toutes pièces par la CIA et le SDECE, les services américains et français. Ils étaient financés par les pétroliers des mêmes pays.
La seconde guerre mondiale entraîne le discrédit des puissances coloniales (particulièrement la France, les Pays-Bas et la Belgique, dans une moindre mesure la Grande Bretagne), car, pour la première fois, l'homme blanc est vaincu, ce qui met un terme au mythe de son invincibilité.
Les deux Grands vainqueurs de la guerre, les États-Unis et l'URSS, continuent de diffuser un message libérateur à l'adresse des colonies.
- Les États-Unis, ancienne colonie britannique, sont anticolonialistes par tradition historique et idéologique, mais aussi par intérêt économique: les colonies pourraient être de nouveaux marchés. En gage de bonne volonté, ils accordent d'ailleurs l'indépendance aux Philippines en 1946.
- les Soviétiques sont eux aussi contre les colonies, par idéologie marxiste (le colonialisme est vu comme un avatar du capitalisme) et par calcul politique: si ces territoires accèdent à l'indépendance, ils pourraient y installer des régimes proches.
- L'ONU s'impose également comme une tribune pour les mouvements indépendantistes. La charte de 1945, puis la Déclaration universelle des Droits de l'Homme en 1948 appuient le "droit des peuples à l'autodétermination".
Les Britanniques ont déjà l’expérience de la transformation de leurs colonies blanches en dominions au sein du Commonwealth (1931 Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du sud) et ils favorisent l’émergence des élites. Le Royaume uni mène avec pragmatisme une politique d’association, souhaitant préserver ses intérêts économiques et diplomatiques, quitte à négocier et accorder l'indépendance politique.
Au contraire, la France s'accroche au statut de grande puissance impériale. Déjà traumatisée par la débâcle de 1940 elle ne saurait accepter la nouvelle défaite que serait pour elle la perte de son empire. Beaucoup se souviennent du loyalisme parfait des colonies lors de la tourmente de la grande guerre avec la participation de près de 300 000 coloniaux à la première guerre mondiale. Le second conflit mondial conforte au fond cette idée que l'Empire a contribué à la victoire alliée et qu'il est un élément capital de la grandeur nationale. L'intense propagande coloniale de l'entre-deux-guerre, qui culmine en France lors de l'exposition coloniale de 1931, explique également l'attachement de nombreux Français à leur Empire. Par son administration directe la France

tient les populations indigènes totalement à l'écart du pouvoir.De timides tentatives de réformes existent néanmoins.
La conférence de Brazzaville se tient en janvier-février 1944 et réunit les gouverneurs généraux de l'Afrique Occidentale française, de l'Afrique équatoriale française et de Madagascar auxquels se joignent quelques notables coloniaux, mais pas d'Africains. Dans son discours de Brazzaville, en 1944, De Gaulle envisage le droit à la "gestion de leurs propres affaires" des indigènes intégrés à la communauté française, une politique sociale audacieuse, mais refuse catégoriquement toute idée d’autonomie des colonies. Elle se limite à des réformes administratives et sociales, dénuées de tout prolongement politique: suppression du travail forcé, participation de l'élite indigène à l'administration, mesures pour développer l'éducation parmi les colonisés.

La Constitution de 1946 maintient l’essentiel de la domination métropolitaine dans le cadre de l’Union française. Jusqu'à cette date, seuls étaient représentés à l'Assemblée nationale française les quatre communes du Sénégal (Saint Louis, Gorée, Dakar, Rufisque) et les trois départements d'Algérie. A partir de 1946, les territoires de l'AOF, de l'AEF, ainsi que Madagascar envoient des représentants au Parlement français. La constitution rappelle que l'objectif de la France est de conduire les peuples colonisés à ce point qu'ils pourront s'administrer eux-même un jour. Elle reconnaît la citoyennté à tous les ressortissants de l'Union française qui diffère néanmoins de la citoyenneté des Français des métropole, puisque les populations de l'outre-mer ne disposent pas du droit de vote. Mais ils se voient reconnaître des droits juridiques et judiciaires (restés parfois théoriques), qui constituent une amélioration indéniable. D'autre part comme le rappelle Marc Michel (cf: sources), "les institutions de l'Union française furent des lieux d'apprentissage pour la classe politique en formation en formation et des "espaces de sociabilité" pour les futurs dirigeants africains qui purent y nouer des amitiés personnelles et des alliances politiques.