Simple remarque à propos du système monétaire.
Le système monétaire est dépassé.
TOTALEMENT.  
Un texte d’inspiration Marie Martin-Pécheux
Tout simplement parce qu'il s'est construit au fil des décennies, de bric et de broc, par les aléas de l'histoire et les influences de quelques-uns. Il a, de ce fait, totalement manqué de vision d'ensemble et ses différentes composantes ne sont qu'une suite de remaillages non conçus pour un tissage harmonieux.  

On peut faire cette évidente comparaison: notre système est comme une vaste demeure compliquée, bâtie au fil des ans de manière anarchique, avec des matériaux divers et non compatibles. Une petite mesure ici, une négociation là, un accord encore à cet endroit... et on rajoute un étage branlant à une construction dont les fondations sont de plus en plus rongées par le temps. L'édifice n'en peut plus et d'absurdité, d'incohérence et d'inhumanité. Les pièces sont de plus en plus exiguës, les couloirs inutiles, les placards trop obscurs. Les passages dans certains secteurs de cette étrange bicoque sont obligés, alors que cela procure des désagréments totalement inutiles et néfastes...  Il est temps tout simplement de changer de demeure et de vivre dans un lieu enfin salubre, construit pour répondre aux besoins de tous, dans la simplicité.
 

La modernité est allée très loin dans la déformation de cette chose normale et nécessaire qu'est l'argent. L'argent à l'origine n'est qu'un simple moyen d'échange, ni plus, ni moins... Or, que lui arrive-t-il? Il perd un jour de sa valeur, le lendemain la reprend, permet un jour l'achat de x quantité de biens, quelques heures plus tard c'est la faillite possible... L'argent est devenu un objet déformable, et, pris dans la folie boursière, peut ne plus rien valoir du tout pour des dizaines de milliers de personnes lors d'un crash monétaire.
L'argent doit permettre la Vie et non la dégrader : ses fluctuations concourent à des destructions dramatiques de pans d'économies localisées, ce dont on pourrait se moquer éperdument s'il n'y avait pas derrière des femmes, des enfants, des milliers d'innocentes victimes frappées et dont la vie peut être démolie en quelques minutes, juste pour un effondrement d'actions.

Le système bancaire a réussi à ôter aux États la capacité de battre la monnaie nécessaire aux besoins de leurs peuples et se comporte comme un véritable cancer, drainant pour le seul profit de quelques actionnaires de multinationales tout le profit du travail des nations.
La vision de ce qui se passe dans les places financières glace d'horreur les personnes de bon sens: d'un simple clic de souris, on peut mettre au chômage des milliers de personnes, sans même en avoir conscience. Combien de personnes sont décédées, de faim ou de désespoir suite à un licenciement inacceptable, à la chute du cours des matières premières, à la destruction programmée des cultures vivrières ou au besoin de bénéfices des entreprises pharmaceutiques? Combien la barbarie des flux financiers a-t-elle provoqué de morts? Quel est le bilan véritable de "l'ultralibéralisme"?  Mais nous ne le l'envisageons pas, simplement parce qu'au cours des trois ou quatre derniers siècles, on nous a inculqué un certain nombre de fausses vérités sur l'argent.
Par exemple, que nous pouvions impunément jouer en bourse. Que la spéculation est une chose naturelle.
Bref nous en sommes venus à croire n’importe quoi.
 

Notre système fondé sur l'argent, destructeur, pathologique, voue un culte à la matière morte, aux objets artificiels, bijoux, vêtements, voitures, gadgets généralement superflus, faits de matière inanimée comme des plastiques, des tissus, des métaux… Il nous impose le rite de la consommation comme unique relation sociale. Les biens individuels, les possessions, priment sur les biens collectifs, immatériels mais essentiels, comme les soins, l'éducation, l'entraide.
En Occident, les industriels ne savent plus quoi inventer, les designers dessiner, pour que l'acheteur ouvre son porte-monnaie et en déverse jusqu'à son dernier sou, sa paye à peine engrangée. Pire, l'encouragement à l'emprunt tous azimuts, les cartes bancaires si faciles à sortir, lui font perdre cet argent avant même qu'il ne soit gagné. Dans les maternités, à peine sorti du liquide amniotique, le nouveau-né se voit offrir un compte épargne et des consommables divers. Mieux, on propose à la jeune maman de déposer son bambain au plus tôt dans une crèche pour s’en aller au boulot gagner des sous ...   un seul credo : "6 milliards et quelques humains sur la Terre ? Autant d'acheteurs potentiels !"
 
Le but n’est pas de faire une critique du capitalisme et du "libéralisme" -simple, ultra ou néo, mais il est impossible d’ignorer ce que la population mondiale subit, la réflexion sur l’économie se base nécessairement sur le système en place, et donc aussi sur ses implications sociales. Si un autre système dominant, aussi pathologique, aussi inefficace, semait pareillement la désolation, la constatation de sa perversité aurait été équivalente.
(Rédigé en 2004)
Ci-contre, texte paru dans le Cdécritures 016 en février 1977
Simple remarque à propos de la crise ( enfin, une des nombreuses crises)
J’ai parlé abondamment de crises et de recrises, d’épilepsie monétaire et autres avec des assistants de facultés. Ah ! Les facultés !

La frontière entre la réalité et la fiction ? L’auteur n’en a cure.
Dans le pays où les juges estiment les personnages de roman passibles des tribunaux, l'auteur des Cdécritures dynamite les genres, pour mieux servir son  fascinant projet littéraire .

Les facultés Notre Dame se situent rue de la capitale, en plein centre-ville, à deux pas de la Basilique et du théâtre de la Halle-aux-Grains. Si l'on s'y rend, on stationne en général à deux pas, sur une place de la Justice proprette, avec un parking au milieu et son alignement obligatoire des derniers modèles Toyota, Renault et Ford, achetés à crédit.

Il y a un arrêt de bus avec une boutique fourre-tout pour les étudiants, un restaurant en face de la librairie du théâtre, une brasserie populaire avec un local colombophile et une salle réservée aux anciens prisonniers de guerre qui ferme à zéro heures trente, quand les derniers travailleurs ont fini de parlotter et s'en vont dormir qui chez eux, qui chez un ami, qui à l'hôtel de l'évêché, devant la télé.

Les facultés Notre Dame occupent un pâté d'immeubles plus ou moins modernisés, elles sont fréquentées par un bon millier d'étudiants qui font ici des cours préparatoires de droit, d'économie, de sciences.
Pour les autres matières ou bien pour passer un doctorat ou une maîtrise, il faut s'inscrire à la maison mère où dans une autre université, dans une plus grande ville..

En ce qui concerne la « crise » des années 1975, le mirage a consisté à croire que la crise était de nature énergétique et que la croissance forte reviendrait avec l'indépendance énergétique et, à tout le moins, avec une facture pétrolière allégée. En 1998, plus de vingt ans après le premier choc pétrolier, il est piquant de relever qu'aucun des pays de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ne fait partie des nouveaux pays industriels. Ces derniers sont tous en Asie et sont démunis de ressources naturelles. Quel contraste entre l'Algérie et la Corée du Sud !

C'est précisément l'absence de rente et des traditions valorisant l'effort et l'épargne qui ont incité au travail et à l'investissement. Même leçon du côté des pays développés l'Allemagne et le Japon sont restés fortement dépendants sur le plan énergétique, cela n'a pas empêché leur dynamisme industriel d'être exemplaire.

Je pensais à tout cela en me voyant le jour où je rentrerais du long voyage, je serais devenu un homme.
J'aurais acheté mon premier rasoir dans un de ces drugstores de l'ouest où l'on vend de tout.
Je devais avoir acquis une certaine habileté grâce à elle, car je crois que j'ai fait jouir la seconde fille que j'ai caressée là-bas. Nous étions allongés côte à côte ... Je vous raconterai tout cela dans les Cdécritures.