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Détails
et anecdotes
Relatifs aux Chroniques de Xian
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Sourires à
propos du Maître Kawaishi Combien de fois l’ai-je répété ? Habituelles confusions et chicaneries Intro
aux Chroniques 2007-2008
Le jiu-jitsu est une science humaine extrêmement vaste et je n’ai aucune illusion sur ma valeur personnelle. Je tiens à exprimer ici ma reconnaissance particulière au Maître Georges Leroy, chez qui je me suis inscrit le 8 août 1960 pour débuter un apprentissage que j’ai poursuivi avec le Maître Mochizuki Minoru et que je n’ai toujours pas terminé.
Ainsi donc, au cours des chroniques de cette saison, je ferai référence plus spécialement à cette expérience chez ces deux maîtres, ce qui ne dévalorise en rien les nombreux autres pratiquants de tout niveau avec lesquels j’ai tiré sur les tatamis européens, africains, américains et nippons. Je tenterai d’expliquer le jiu-jitsu sous divers angles et je m’efforcerai de répondre sincèrement et objectivement à la question : pourquoi aucune comparaison ne peut-elle être faite avec d’autres arts martiaux ? Je n’ai sans doute pas continué la pratique assidue de l’aïkido parce la passion du jiu-jitsu me dévorait mais peut-être aussi, parce que Murashige, accidenté s’était éteint, j’ai regretté le déclin du Wado ryu et que Suzuki soit de moins en moins présent dans mes environnements. Comme la plupart des gens de mon âge, j’ai commencé avec le judo et étonnamment – mais c’est le sujet d’un prochain ouvrage, avec une discipline au nom assez définitif, le close-combat. Je parlerai donc en connaissance de cause de la pratique du judo, mais aussi de celle de méthodes devenues plus populaires : le karaté et l’aïkido par exemple. Il est grand temps que j’en parle, mes mentors et beaucoup de camarades m’ayant consacré des heures de dojos retournent au pays de leurs ancêtres. Ainsi, je voulais raconter par ailleurs une anecdote concernant Charles Henri Dewisme (auteur de Bob Morane) mais je n’ai pu obtenir de le rencontrer récemment, pas plus que Georges Leroy, concerné par la même histoire que je voulais illustrer de deux techniques très particulières d’immobilisation de malfrat que quelques élèves seulement d’Alexandre Minne dit Ito connaissaient. Ce n’est, je le souhaite, que partie remise (et si quelque lecteur avait des photos de l’époque, elles sont les bienvenues rarissimes que l’on pourrait scanner pour en parler). Charles Henri a plus de quatre-vingt dix ans, Georges Leroy plus de quatre-vingt, Minoru Mochizuki lui, s’est éteint en 2003 à Aix en France. Minoru Mochizuki est né à Shizuoka, au Japon, en 1907, il était donc l’un de ces brontosaures rescapé d’une époque très révolue d’avant la guerre sino-japonaise. Les grades en arts martiaux qu’il détenait ne devaient rien à la fantaisie de ligues et autres fédérations étatiques ou corporatistes. Dixième dan de jiu-jitsu durant vingt ans, il a formé à la dure un nombre impressionnant d’élèves qui avait de l’art martial une conception sinon moins humaniste du moins assez peu salonnarde au regard de ce qui se pratique beaucoup actuellement en Europe. Au-delà de ce titre, il était également réellement huitième dan de judo, huitième dan de karaté et de iaï-do. Il pratiqua avec élégance, jusqu’à un âge avancé, au plus haut niveau, l’art de la lance (dont son fils Hiroo a déduit nombre de techniques de son art martial original) et du « katana ». Il a fréquenté les « Maîtres » incontestés Jigoro Kano, Morihei Ueshiba et Hirono Othsuka. En judo, il y avait eu Kawaishi, Kenshiro Abbe et Ishiro Abe, et avec eux tous les mirages de l'Orient. Minoru, lui, n'avait rien d'un mirage : haraï goshi pour vous mettre en jambe et puis le plaisir d’être projeté dans les poutres du plafond par la magie de son diabolique sacrifice en rond. Je n’ai eu aucune crainte, j’avais l’habitude d’être saisi manche et revers par un homme qui pesait le double de mon poids et me projetait lui-aussi, quelle manie ! dans les poutres supportant les tubes au néon qui éclairaient blafardement le dojo du 409. De Georges Leroy, j’ai appris la devise de Goscinny sans l’avoir lue : il ne faut craindre qu’une chose, que le ciel vous tombe sur la tête. Grâce à lui, Georges, j’ai donc poussé les portes de plus de mille dojos, j’ai rencontré des ceinturés d’or et d’argent, des grosses têtes et des gros bras... C’est de tout cela dont je vais vous entretenir dans les chroniques de cette saison, et des techniques et de la vie qui est la vôtre quand vous êtes un de ces fous habillé en pyjama. A bientôt ... Xian, Kyoshi Nihon-Jitsu. Lien provisoire vers les chroniques Il y a quelques jours
...
et quelques jours auparavant ...
Sourires à propos du Maître Kawaishi Le
crayon bleu à mine -
Bonjour , Monsieur, je sais que c’est ici qu’on peut apprendre le jiu-jitsu… M. Kawaishi,
que je ne connaissais pas encore, rétorqua avec une grosse moue : - Ici
pas jiu-jitsu, judo ! - Pour
moi, c’est la même chose ! ajoutai-je…
J’ai bien cru que j’allais repasser le seuil de la porte manu
militari. - Pas
la même chose du tout. Vous voulez apprendre judo ? - Oui,
monsieur ! - Vous
avez profession à Paris ? - Oui,
monsieur, je suis médecin. -
Inscrivez nom et adresse. Le
maître me tendit un petit crayon bleu à mine. Je commençai à écrire mon nom.
Mais la mine rentrait dans le bois très court ; je la repoussai, sans plus de
succès. Je sortis alors mon stylo à encre. Mais M. Kawaishi tenait
visiblement à son petit crayon à mine.
- Non,
non, écrivez avec ce crayon …. Je m’en
sortais tant bien que mal avec la mine pour écrire mon nom et mon adresse… - Quand
vous voulez-vous commencer ? - Tout
de suite … … Mais
l’incident du crayon bleu, au cours du premier entretien, était resté dans ma
mémoire, si bien que plus tard j’ai apporté à maître Kawaishi un crayon
identique, neuf, en lui tenant des termes amicaux, respectueux mais
légèrement ironiques. Il me répondit néanmoins : - Non,
non, exprès ce petit crayon bleu, je regarde comment le candidat écrit son
nom et son adresse. S’il écrit bien et repousse la mine, je me dis : « Il est
calme, on peut lui faire confiance. » S’il s’énerve et jette le crayon, je me
dis : « Attention, c’est un élève qu’il faut surveiller particulièrement, il
peut casser jambe à camarade ! » (Jean-Paul
Garaix dans « Entretiens avec les pionniers du judo français » de Claude
Thibault.) Efficacité
Le
jiu-jitsu, derrière ses techniques apparentes possède, comme tout art, des
petits secrets de chacun qui feront ou ne feront pas opérer une technique en
exercice d’assaut réel – voire en défense vitale. Perfectionnez les
mouvements qui conviennent à votre morphologie et à votre manière personnelle
de vous déplacer dans l’espace. Parallèlement
à la pratique en dojo collectif ou en privé, obligez-vous à des exercices de
concentration qui développeront le KI, cette force interne indispensable à la
réussite. Après
avoir pratiqué pendant dix ou douze ans les mouvements enseignés par le
Maître, après avoir vérifié chaque détail, chaque position, chaque instant
respiratoire, OUBLIEZ
tout ! Lancez-vous
dans l’action, esprit libre, corps non contraint. Le geste vient et
l’ensemble technique esprit fonctionnera comme une machine huilée,
parfaitement. Alors viendra l’efficacité tant rêvée. Retro-regard.
Tout à coup, je jette un regard sur les
autres, c’est un mouvement que ne fait pas volontiers le pratiquant d’une
quelconque discipline, surtout s’il imagine que celle qu’il côtoie est
« supérieure », différente des autres. Mais la technique, la
discipline, la philosophie n’a jamais de supériorité, il y a de bons
techniciens, de bons pratiquants et des marlous, des loubards des imbéciles,
oui, il y en a. Déjà, quand on regarde le monde dit des
arts martiaux, on s’étonne de leur nombre, alors qu’il n’y a pas lieu ...
leur nombre est infini, mais on reste curieux de comprendre pourquoi depuis
un siècle on mélange sort de combat et art martial, sport et mort ..., on
découvre, de soi-disant experts faisant étalage de multiples victoires en
combat « sportif » et quelques maîtres assez silencieux, au
demeurant, dont la technique se pare d’un discours pacifique. À y regarder d’un œil impartial, la
supériorité possible au combat des uns ou des autres n’est pas flagrante,
tant est la difficulté aujourd’hui de parler avec des mots simples :
Qu’est-ce qu’un combat ? Je serais tenté de répondre : C’est
un combat pour la vie. Nous le menons tous, à notre manière et
selon les circonstances. Qu’apporte aux « champions » la
vanité de s’écrier : je suis le meilleur, sinon petite satisfaction pour
l’ego ! Celui-là aura surtout
contribué à rendre le monde encore plus violent. Ce n’est pas là le but des arts martiaux
qui prônent sincèrement la sérénité, l’humilité, la courtoisie, la compassion
et nombre de vertus humaines. Le secret réel de la réussite martial est
l’éradication de l’ego. Le monde est malade de violence. Le
maître d’art martial ne doit pas en être un vecteur, mais au contraire il
doit guider vers le chemin de la paix, celle du corps et de l’âme. Entretien avec Guy Dupuis
...
Combien de fois l’ai-je
répété ?
Combien de fois l’ai-je répété depuis mon passage
chez Georges Leroy et Jean Zin ?
Habituelles confusions et
chicaneries
Il faudrait tout de même demander à Madame Leleux, excellente judoka et promotrice du jiu-jitsu à la Ligue (walonne ?) de Judo de ne pas laisser publier des âneries pareilles ! Je lis (Citation de « Ath info ») Le ju-jitsu est une forme de judo créée en 1882 par maître Kano.
Il apparaît en Belgique en 1935
mais est supplanté par le judo et se pratique donc relativement peu. En 1983, il n'existe que deux clubs qui
pratiquent le ju-jitsu traditionnel. C'est grâce à Mme Leleux, dirigeante de l'un de ces deux clubs, qui va s'appliquer dès lors à former des enseignants à cet art de combat, que ce sport sera ensuite reconnu par l'ADEPS. Cette reconnaissance lui permettra de garantir sa pérennité grâce notamment à des subsides. Depuis 1990, des compétitions sont régulièrement organisées en Belgique et des arbitres belges participent même aux championnats du monde. Actuellement, le ju-jitsu ne cesse de faire de nouveaux initiés.
Pour tous les adeptes de judo et de ju-jitsu, rendez-vous au Hall du Ceva ces samedi et dimanche ou vous pouvez surfer sur le site http://www.judo-club-athois.be.tf/. Un écrivain athois a écrit en 1959 : Aujourd'hui,
en Europe du moins, il existe très peu de professeurs experts en jiu.jitsu.
En Belgique, par exemple, on ne connaît plus que Georges Leroy, élève du
célèbre professeur Minne, surnommé Oki, mort depuis peu. Le
professeur Leroy est un garçon fort paisible. Pourtant si, un jour, étant
d'humeur combative, vous le rencontrez par hasard sur votre chemin, changez
de trottoir. Mieux vaut ne pas aller au-devant des ennuis. Henri Vernes
Marabout 1959/137/ Jr150 Moins d’un an plus tard, je les rencontrais tous les deux, Henri et Georges... Je ne pouvais pas imaginer que ma vie tournerait autour de leur passion : l’écriture et le jiu-jitsu. Je viens récemment (fin avril) d’écrire : Les étonnants raccourcis dont s’émaillent
sans cesse les textes des « francophones » de Belgique lorsqu’il
s’agit de faits historiques finissent par ressembler à du négationnisme. Lorsque l’on se pique de faire un
« essai d’histoire du jiu-jitsu », il vaudrait mieux approfondir
l’étude des sources et vérifier leur exactitude. Enfin, rien n’empêche de
trouver quelques personnages « vivants » et, faisant abstraction
des luttes tribales Flamands – Wallons, leur tenir une conversation
souvenirs. Ainsi, je pense qu’il est important pour
les actuels pratiquants belges de jiu-jitsu de savoir que le développement de
cet art martial s’est effectué d’abord à Bruxelles, où les premiers
pratiquants furent les élèves des frères Minne (qui ne furent pas des clowns
de music-hall mais bien des enseignants réels dans un monde qui ne
connaissait pas encore la manne socialiste des « subsides »). Alexandre et Maurice Minne tiennent leur
savoir de maîtres chinois (appris là-bas) et de perfectionnement permanent
avec les Japonais de l’époque, particulièrement Yuko Tani. Le jiu-jitsu belge connaît un beau moment de
gloire lorsque Victor Boin devint champion en 1907. De cette époque datent
les premiers « professeurs » de la discipline, ils se nomment
Geirnaert, Mertens entre autres. La guerre tristement célèbre sous le nom de
« deuxième guerre mondiale » va bouleverser l’ordre existant des
choses. À sa suite, un monde nouveau se crée, initié dans le domaine de l’art
martial par les découvertes des uns et des autres. Koizumi a laissé des
traces chez les commandos anglo-saxons, les anciens élèves de Kawaishi
essaiment parmi les anciens militaires démobilisés. Si le jiu-jitsu perdure à Bruxelles, c’est
grâce encore à Maurice Minne et à ses élèves tandis que les Anversois
s’entraînent avec le Hollandais Van Nieuwenhuizen. Les techniques enseignées aux uns et aux
autres s’apparentent au Tenshin Shinyo Ryu qui était le jiu-jitsu pratiqué
par Yuko Tani et la plupart des Japonais ayant vécu un moment à Londres et
enseigné au BUDOKWAI. Certains de ces « sensei », tel Koizumi,
avaient déjà publié des ouvrages descriptifs à usage des Européens. Le jiu-jitsu belge va donc ainsi devenir
totalement belgicain puisqu’il va se scinder en trois écoles distinctes et
que chacune d’elle va également soit se subdiviser soit s’enorgueillir d’être
la seule et unique fédération officielle, la zwanze de Thijl Uylenspiegel et
de Tchantchès nous rattrapent. On va même plus loin dans l’invention des
légendes, mon ami Falise aurait, dit un brave Rebecquois, été invité à un
« défi » par Maurice Minne. L’époque n’était pas à ce genre de défis et
si pour gagner sa vie, plusieurs pratiquants de ce temps-là étaient catcheurs
le dimanche sous les masques amusants de l’Ange blanc et autres démons, dans
les dojos qui ne se nommaient encore que « salles » on était très
sérieux. Effectivement, Ravinet, Pianetti et
Kolychkine formèrent un groupe de pratiquants plus intéressés par le judo que
par le jiu-jitsu ; ils sont rejoints par l’ami carolorégien Falise. Comme moi-même, André Noël ou Ernest
Grosjean d’une part, les anciens de la Ligue Belge de Judo, d’autre part,
pourraient raconter de nombreuses anecdotes des suites de cette rencontre, on
quitte le domaine du jiu-jitsu. Ravinet s’installe judoka rue de la glacière
à Saint Gilles et Falise s’installe à Marcinelle dans la banlieue de Charleroi.
Avec le club bruxellois du « Trèfle » ce seront les pépinières des
judokas qui se présenteront aux championnats du Monde. Si le jiu-jitsu devient donc provisoirement
« absent » en Wallonie pour cause de transformation pédagogique en
« judo », il n’en va pas de même à Bruxelles et en région flamande.
À Bruxelles, plusieurs écoles existent,
issues toutes de la pratique « Minne », particulièrement on
retrouve au début des années cinquante les ceintures noires nommées par Minne
(il fallait dix ans de pratique !) Van Itsem Pierre, les frères Schmit,
Marcel Beheydt, George Leroy et Alexander Van Der Perren mais aussi quelques
autres n’ayant passé que peu de temps auprès du « prof » :
Jean Stas, Julien Naessens, et Léon Geirnaert. Au nord du pays, le jiu-jitsu va connaître
lui-aussi une disparition progressive pour les mêmes raisons pédagogiques (et
de collecte de subventions). François van Haesendonck tiraillé entre judo et
jutsu acceptera de participer à la fondation de la Belaja dont le judoka Tokio
Hirano sera le mentor. Van Haesendonck va donc sans cesse œuvrer à la bonne
collaboration entre judo et jiu-jitsu, en particulier au travers de
l’International Martial Arts Federation où siégeait Minoru Mochizuki. La
petite histoire nous apprend que François avait été séduit par le jeu de
l’acteur américain Peter Lorre qui effectivement était un pratiquant de haut
niveau connu en jiu-jitsu aux États-unis. Au départ de ces différentes branches, le
ju-jutsu continue à se développer en Belgique, et bon nombre d'écoles ont
fleuri et prospéré en étudiant et en développant les techniques, styles et
méthodes légués par ces pionniers auxquelles s’ajoutent désormais
(mondialisation oblige) des variables et variations provenant de partout. |
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