L’assurance santé n’est donc pas seulement une facture trimestrielle à payer à un organisme politique de sécurité dite sociale mais c’est surtout une bonne connaissance de la mécanique qui nous fait fonctionner.
L’homme est un animal qui n’a jamais achevé sa croissance. Comparé aux autres mammifères, il apparaît tel un embryon qui a grandi trop vite. Il possède une tête volumineuse et, proportionnellement, des membres petits. Le grain de sa peau est semblable à celui de nombreux mammifères nouveau-nés. Les ongles de ses doigts et de ses orteils sont de piètres répliques de ceux de la plupart des autres créatures. Il n’a pas davantage développé une fourrure protectrice appropriée, si ce n’est quelques touffes de poils sur la tête, le visage et le corps.
Ce qui fait de nous des êtres réellement uniques et compense nos déficiences physiques, c’est notre cerveau. Parce que nous l’avons perfectionné au cours des cent mille dernières années, il nous désigne comme l’espèce dominante de la Terre. Il diffère morphologiquement et physiologiquement de celui de nos plus proches «parents», les grands singes, surtout par ses dimensions plus importantes
Je reprendrai donc ici les termes de Brian Ward qui a expliqué tout cela très bien :
Un ordinateur vivant
Mais posséder un plus gros cerveau ne nous met pas simplement au rang de singes hyperintelligents; cela nous permet, et à nous seuls parmi tous les êtres vivants connus, d’élaborer des concepts abstraits, d’avoir un certain sens de l’humour et, par-dessus tout, de posséder un langage évolué. Le don de communiquer caractérise essentiellement notre humanité. Nous pouvons transmettre des idées complexes d’un individu à l’autre et léguer aux générations successives le savoir accumulé, ce qui assure la propagation et le développement de nos connaissances.
Des parties invisibles à l’oeil nu
Nos structures morphologiques de base sont analogues à celles des autres mammifères. Notre corps est constitué de millions de cellules, qui sont groupées pour former des tissus et des organes, dont chacun a sa fonction spécifique. La peau qui couvre la majeure partie de notre surface externe est un organe complexe, qui protège les tissus délicats sous-jacents. Mais, en outre, elle agit comme un émetteur de radiations calorifiques pour rafraîchir le corps ou, inversement, comme un isolant qui prévient de trop importantes pertes de chaleur,
Sous la peau se trouvent un grand nombre de groupes distincts de structures. Le squelette forme la charpente de base sur laquelle nous sommes construits; il sert à nous soutenir et à protéger nos organes les plus essentiels. Ainsi en est-il notamment de cette boîte rigide, la boîte crânienne, qui contient le cerveau, notre organe individuel le plus important. Quant aux côtes et à la colonne vertébrale, elles protègent d’une carapace flexible plusieurs de nos organes internes.
Les moteurs humains
Les muscles constituent un autre groupe de structures. Ils agissent avec le squelette pour mouvoir le corps et rendre opérationnelles les commandes du cerveau. Les organes internes eux-mêmes fournissent la motricité à la machine humaine. Ils nous permettent d’alimenter notre organisme avec des matériaux aisément disponibles:
l’air que nous respirons et la nourriture que nous mangeons. Ils drainent ces aliments à travers le corps par plusieurs kilomètres de vaisseaux sanguins dont les dimensions sont parfois microscopiques, par exemple dans les capillaires. Ils extraient aussi les impuretés du sang, tels les déchets de la nutrition qui s’y accumulent, et les excrètent enfin.
L’ensemble de ces systèmes travaille comme une usine qui parviendrait à se réparer elle-même dans le moindre détail, contrôlée qu’elle est par un cerveau dont l’efficacité est des milliers de fois plus élevée que le meilleur ordinateur jamais construit par l’homme, constitués de ces « briques» organiques; ils en contiennent un nombre impressionnant et ces cellules groupées remplissent une tâche spécifique. A leur tour, les tissus forment des organes. Ceux-ci correspondent en fait à un assemblage de différents types de tissus, chacun d’eux jouant un rôle particulier. Isolées, les cellules sont minuscules, trop petites pour êtres vues à l’oeil nu. Elles varient considérablement de forme et de mission. La cellule la plus simple se trouve dans le tissu conjonctif; c’est une informe gouttelette de vie, dont la fonction est de combler les ouvertures existant entre les cellules ou les tissus. A l’opposé, la cellule nerveuse est extrêmement spécialisée dans la tâche de conduire les messages à travers le corps. Bien qu’elle soit encore minuscule, la cellule nerveuse ou neurone est prolongée par une fibre ou axone qui peut atteindre plus de 1,5 m de long. Dans le tissu conjonctif comme dans le tissu nerveux, les cellules sont groupées par millions et forment les parties d’organes ou de systèmes d’organes encore plus complexes. Le muscle cardiaque est un bon exemple de cette agglomération de tissus. Une seule de ses cellules est un corpuscule filiforme qui, même à l’état isolé, se contracte régulièrement. Mais participant à la trame cellulaire, toutes les cellules, d’une manière ou d’une autre, parviennent à se contracter simultanément.