Oui, mais la mode, c’est aussi Dior, Balenciaga, St Laurent et l’incontournable Chanel
La longue histoire du jeans débute dès le XVIème siècle à Nîmes, là où est fabriquée la toile denim. C'est une toile de coton à armure de serge originellement tissée à Nîmes, d'où son nom. Elle sert plus spécialement à fabriquer des bâches.
En 1853, en pleine ruée vers l'or, Levi Strauss a l'idée de confectionner un pantalon dans la toile de ses tentes, car les conquérants de l'Ouest ont alors besoin de vêtements de travail solides, ainsi il va d’abord utiliser le denim original, un tissage très serré fabriqué à partir d'une chaîne teinte en bleu et d'une trame écrue. Le bleu de la chaîne provenait d'une teinture dite « blu di genova » (en italien, « bleu de Gênes ») et le nom jeans viendrait d’une déformation de la prononciation du mot « genovese » (génois).
Il apposera des rivets et des poches et fera breveter son modèle en 1873 en y ajoutant des surpiqûres en fil orange sur les poches arrière, en forme d’arc figurant un aigle.
Le 501 fait son apparition sur le marché en 1890. Il sera porté par les travailleurs manuels américains à la fin du XIXème siècle, il devient emblématique de l'American way of life. Le confort et la robustesse de ce pantalon à coutures coupé dans la toile denim lui ont permis de résister aux modes et de s'y adapter.
Pendant la grande crise de 1929, le jeans est adopté par les paysans et les travailleurs et en 1933, dans le cadre du New Deal, des dizaines de milliers de salopettes en denim sont distribuées aux déshérités.
Vers 1935, la mode du blue jean se répand au sein d'une population estudiantine et artistique et ce pantalon s'introduit dans les garde-robes féminines.
Le jeans débarque en Europe avec les GI's en 1945. En Europe, ce vêtement a toujours été plus cher que dans son pays d'origine.
Dans les années 50, le jeans, associé au blouson noir et à la Harley davidson, une motocyclette de gros calibre, devient le symbole de la révolte des jeunes. James Dean et Marlon Brando contribuent à son succès.
En France, le jeans s'impose comme un bien de très grande consommation avec le choc pétrolier de 1973. Ce marché se développera de façon exponentielle jusqu'au début des années 1980.
A New York, une sélection de jeans décorés exposés au musée d'art contemporain pendant deux mois attire 10 000 visiteurs.
C’est en 1978 qu’apparaissent les stone-washed, des jeans délavés par un traitement qui consiste à bombarder le tissu de petites pierres ponces. Aujourd'hui, le jean est devenu un signe identitaire d'appartenance à une communauté. Sa forme (le slim, le boot cut, le relax, le regular, etc.) ou sa marque (diesel, notify, acquaverde, pepe jeans) est un signe de ralliement à un stéréotype social.