Les Maîtres
Jijé (de J.G. comme Joseph Gillain) a dessiné Spirou avant de s'adonner à "Jean Valhardi", détective pour une société d'assurances, et l'un des premiers européens (avec Marijac, Le Rallic et Giffey), depuis Fred Harman, à redonner vie aux grands espaces américains dans un western d'une qualité rare, très documenté, très réaliste, très humain, et de longue haleine: "Jerry Spring".
La carrière et l'oeuvre de Jijé sont monumentales, et il faudrait certes plus de quelques lignes pour en dresser un tableau qui lui fasse honneur.
Touche à tout d'une trempe extraordinaire, il assurera certaines fois les raccords de "Superman" et "Red Ryder" qui n'avaient pu franchir la censure des "protecteurs allemands"; reprendra aussi "Tanguy & Laverdure" des mains d'Albert Uderzo*, tout en mettant encore en dessins d'une grande véracité la vie de quelques grandes figures de l'Histoire.
Morris (Maurice de Bévère)se situe d'emblée en marge; son héros et ses aventures, loin de tirer dans le réalisme brûlant et la véracité historico-politique de l'Histoire de l'Ouest américain à travers les figures légendaires qui en ont fait ce qu'il fut, vont dans le sens d'un humour satirique bon enfant et élèvent l'à-peu près au rang de doctrine.
La trame historique sera toujours sous-jacente, mais sans jamais faire de l'ombre aux histoires que racontera si joliment Morris, à sa façon.
Qui a oublié Billy the Kid, Calamity Jane, Roy Bean, les Dalton, figures authentiques au départ, mais légèrement détournées par la plume satirico-comique de l'auteur?!