La France et l'ensemble des pays européens reculeront leur
montre d'une heure ce week-end à l'occasion du passage à
l'heure d'hiver, pratique immuable depuis 1976.
Dimanche, à 03H00 (heure d'été) en France, il sera
02H00 (heure d'hiver), soit 60 minutes de sommeil
supplémentaires. Par rapport à l'heure GMT, la
différence ne sera plus que d'une heure au lieu de deux.
Mais en raison des fuseaux horaires, il ne sera pas la même heure
partout en Europe. En effet, le Portugal, la Grande-Bretagne, l'Irlande
et les Iles Canaries ont une heure de moins que la France, tandis que
la Grèce, la Finlande et les pays baltes sont en avance d'une
heure sur l'Hexagone.
Instauré en 1976 en France, le système de double horaire
été-hiver avait été initialement mis en
place pour faire des économies d'énergie, en faisant
coïncider les horaires d'activité avec les horaires
d'ensoleillement afin de limiter les besoins en éclairage.
Depuis 1997, l'Union européenne a adopté trois directives
successives pour unifier le système dans les pays de l'Union.
En 2006, l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de
l'Energie chiffrait les économies d'électricité
réalisées grâce à cette mesure à 1,3
milliard de kWh, soit 290.000 tonnes équivalent pétrole
en énergie primaire.
Cela correspond à environ 4% des consommations
d'éclairage en France, soit la consommation totale
d'électricité sur une année d'une ville de 200.000
habitants, selon l'agence.
Selon le ministère de l'Economie et des Finances, s'appuyant sur
deux estimations réalisées en 1996 et 2006, les
économies d'énergie liées à cette mesure
s'établiraient entre 0,7 et 1,2 Twh (terawatt/heure) chaque
année.
Plusieurs associations dénoncent au contraire ces changements
d'heure, et leurs effets nocifs sur la santé (somnolence,
consommation abusive de sommnifères et autres calmants...) et
les perturbations qu'ils provoquent sur les comportements des animaux.
Ils jugent également discutables les économies
d'énergie ainsi réalisées.
L'Association contre l'heure d'été double (ACHED), qui a
présenté un rapport complet sur le sujet à la
Commission Européenne et au ministère de l'Industrie,
estime ainsi que les changements d'heure ont "un solde
énergétique à peu près nul".
L'abandon de cette mesure qui "rend plus difficile les circulations
dans l'espace européen" et augmente les accidents de la route,
permettrait "d'éviter la détérioration progressive
du solde énergétique de l'heure d'été,
déjà maigre et bientôt négatif, en raison
des diverses surconsommations engendrées", indique-t-elle
vendredi dans un communiqué.
Publié le 27 octobre 2007 à 07h50 | Auteur : © 2007 AFP