La photographie avec Boris ...
Projet 2009, en temps de crise.
Xian fait son cinéma.
Dans un livre ordinaire, le lecteur ne voit rien, du moins au delà des mots imprimés sur la page, il lit des
phrases, comprend des actions et des concepts, il imagine, sans voir, ce qui est raconté. Il est sensé apercevoir ce qu'à vu le narrateur.
Depuis l'écriture, des concepts visuels sont venus aider le lecteur : bande dessinée, photographie, cinéma.
Mais au cinéma, ou dans les projections commentées, le spectateur est obligé de voir ce que le réalisateur lui montre, la part imaginaire s'efface devant une réalité virtuelle. Se creuse dans les deux cas, un écart, d'un côté celui de l'imaginaire, de l'autre celui du réel.
Or le réel n'existe pas, nous le comprenons chaque jour en étant submergé par les mises en scène de notre quotidien, vécues, subies, ou au contraire, voulues, intensément désirées.
Dans le site de Xian, la volonté de l'auteur est de mettre à la portée du lecteur la possibilité de porter les deux champs de perception à la fois à son imaginaire. Ce qui est dit correspond exactement à l'image et aux liens auxquels elle donne accès et cependant tout est fiction , sauf ce qui est vrai. L'œil lit, il voit les lettres, les mots se forment, des images lui viennent en tête et soudain un dessin, une photographie, un jeu de lumières volontairement placés sur sa route va l'obliger à se poser des questions. A-t-il en lui, ce lecteur, confirmation de ce qu'il voit ou au contraire, démonstration de ce qu'il imagine ?
La volonté de l'auteur Xian 2009 est de multiplier le mot entendu dans la lecture intuitive par l'émotion du "et si c'était vrai?" par la création du double désir, celui de suivre ce qui est énoncé avec précision par le texte et celui de suivre ce que montrent les images. Sans privilégier un choix, se laisser envahir par l'espace subversif du site de Xian doit être la motivation du lecteur. Tirer un fil de la toile et s'y perdre tout entier, sans donner son âme au diable. Rester assis sur une chaise confortable et imaginer les décalages entre soi et les héros, entre soi et le réel de son propre quotidien.
Voir ce que les mots suggèrent et buter sur le talus accidentel, le ravin qui s'ouvre parce que tout tremble alors qu'on avait les pieds bien sur terre. Être accaparé par l'histoire et pourtant éprouver un sentiment d'immense liberté puisque l'imaginaire de l'auteur n'est pas parvenu à se substituer au sien.
En regard au texte, la découverte de l'image, si vous le souhaitez …
Un intéressant et bien illustré site consacré aux prémices du cinéma et de la photographie.
• Et par image nous entendons une certaine existence qui est plus que ce que l'idéaliste appelle une représentation, mais moins que ce que le réaliste appelle une chose, -une existence située à mi-chemin entre la "chose" et la "représentation".
Henri Bergson, Matière et mémoire